Ekip
26 Mai 2022•Mise à jour: 26 Mai 2022
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Après la décision du tribunal administratif, d’interdire le burkini dans les piscines à Grenoble, la mairie, dirigée par l’écologiste Éric Piolle va faire appel devant le Conseil d’Etat.
L’Alliance citoyenne, à l’origine des revendications sur l’autorisation des maillots couvrants, estime, dans une déclaration à Anadolu que « ce que vient d'interdire la préfecture de l'Isère, sur ordre de Darmanin, n'est rien d'autre que la liberté des femmes de s'habiller comme elles le souhaitent ».
« Nous sommes sidérées de cette décision » explique le syndicat des femmes musulmanes de l’Alliance citoyenne.
Les membres assurent que c’est ici de « la liberté des femmes à disposer de leur corps comme elles l'entendent » dont il est question et précisent être « vraiment inquiètes de la porte que ça ouvre à toutes les dérives possibles et imaginables sur fondement "d'atteinte grave à la laïcité".
S’agissant de la procédure d’appel, que la ville de Grenoble a annoncé lancer pour contester l’interdiction, l’Alliance citoyenne sera « partie prenante dans le jugement » via son avocate Maître Ogier.
Sur les réseaux sociaux aussi, la nouvelle du bannissement du burkini à la piscine par la justice, se basant sur le principe de neutralité des services publics, a fait grand bruit.
« Il n'aura fallu que dix jours pour que toute la machine macroniste, sous la pression de l'extrême-droite, se démène pour faire barrage à la liberté des musulmanes » a réagi le CCIE (Collectif Contre l’Islamophobie en Europe), dénonçant « une décision politique qui confirme la dérive autoritaire de la loi séparatisme ».
Pour la journaliste et militante Sihame Assbague, « l’islamophobie d’Etat » a été parfaitement illustrée mercredi soir par le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin qui a publié « trois tweets en moins d’une heure sur le burkini », se réjouissant de son interdiction par la justice administrative.
Pour rappel, le tribunal a été saisi par le préfet de l’Isère à la demande de Gérald Darmanin pour contester le nouveau règlement intérieur des piscines grenobloises visant à autoriser la baignade en burkini mais aussi en topless.
La décision rendue mercredi soir, considère qu’une telle mesure « portait gravement atteinte au principe de neutralité du service public ».