Fatma Bendhaou
13 Décembre 2021•Mise à jour: 13 Décembre 2021
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé, dans un communiqué publié lundi, les propos du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui considère qu’il n’est plus un interlocuteur légitime.
L’association, qui se veut représentative du culte musulman, estime que la posture adoptée par le locataire de Beauvau, à l’antenne de LCI dimanche « n’est pas acceptable ni sur la forme ni sur le fond ».
Ce dernier affirmait en effet que le CFCM qu’il qualifie de « représentation de l’islam consulaire » n’a plus lieu d’exister.
Dans son communiqué, l’organisation souligne que « la rupture unilatérale du dialogue entre les pouvoirs publics et l’instance représentative du culte musulman n’a jamais été signifiée au CFCM » et assure que « les conseils régionaux et départementaux du culte musulman continuent de dialoguer avec les pouvoirs publics, notamment les préfets ».
« L’action du CFCM en direction des mosquées, au sein des hôpitaux et auprès des détenus tout au long de la crise sanitaire a été saluée par tout le monde » poursuit l’organisation, énumérant tour à tour « la commission sénatoriale », son engagement pour « lutter contre la radicalisation », sa « charte des principes pour l’islam de France » ou encore « les textes fondateurs du projet du Conseil national des imams ».
Le CFCM rappelle, par ailleurs, que « la représentation du culte musulman doit être l’émanation des responsables musulmans » et que si « l’Etat a besoin d’interlocuteurs représentatifs des cultes », il « n’a pas à organiser les cultes ».
Cette énième crispation entre le ministre de l’Intérieur et une organisation musulmane intervient quelques semaines après l’adoption de la loi contre le séparatisme, vivement critiquée par les associations et mosquées pour ses dispositions jugées discriminatoires.