AA / Le Caire / Hazem Badr
Au moment où l’ancien président Mohamed Morsi croupissait dans une cage de verre au début de son procès à l’orée de l’année 2014 criant « Je suis le président légitime », Adly Mansour, actuel président de la Cour constitutionnelle, était le locataire « provisoire » du Palais présidentiel « Al-Ittihadiya » avant qu’il ne le quitte cédant la place à l’actuel président de la République, Abdel Fattah al-Sissi, au mois de juin, pour reprendre sa fonction première de président de la Cour Constitutionnelle.
L’ensemble de ces changements connus en 2014 ont été la résultante d’une évolution politique générée elle-même par la révolution du 25 janvier 2011, conjuguée à un événement « majeur » survenu, deux mois avant la fin de cette année, produit de la même dynamique, en l’occurrence, l’acquittement par le Tribunal de l’ex-président Mohamed Hosni Moubarak, qui était accusé de meurtre de manifestants durant la révolution. A la suite de quoi, l’ancien président octogénaire est revenu à sa prison à l’hôpital al-Maadi dans le Sud du Caire, étant en garde à vue pour faire face à d’autres inculpations.
Au début de l’année 2014, Morsi est apparu pour la première fois dans la « cage en verre », plus précisément, le 8 janvier, au cours de la deuxième audience du procès plus connu médiatiquement sous le nom de l’affaire d’al-Ittihadiya. Morsi était accusé « d’incitation au meurtre des manifestants » lors des événements survenus en face du palais présidentiel d’al-Ittihadiya au mois de décembre 2012. Rappelons que la première audience de ce procès, l’un des multiples procès dans lesquels est impliqué Morsi, avait eu lieu le 4 novembre 2013.
Morsi est également passé dans le box des accusés au cours de l’année 2014 pour être jugé dans l’affaire où il est accusé de « prise d’assaut des prisons », lors de la révolution du 25 janvier ainsi que dans le cafte d’une troisième affaire liée à « l’intelligence avec des parties étrangères ».
Les audiences de Morsi au cours de l’année 2014 ont été caractérisées, notamment, par l’émergence de ce qui est connu de la cage en verre » où les accusés y étaient séquestrés. Les autorités avaient motivé ce choix à l’époque par le fait que la cage permet de maîtriser le son et la voix qui y émanent à travers une oreillette branche chez le juge. Cette mesure a été prise après l’opposition affichée en élevant la voix par certains accusés, ce qui avait impacté sur le déroulement des premières audiences.
A l’opposée, les accusés avaient récusé à maintes reprises la légalité de cette cage, dès lors que ca les empêche de suivre convenablement leurs audiences, ce qui constitue, à leur yeux, une atteinte à leur droit garanti par la loi.
Au moment où les affaires de Morsi étaient soumises à l’examen des tribunaux qui n’ont pas encore statué, et que la cage de verre est toujours présent lors des audiences, Adly Mansour (qui avait succédé à Morsi en juillet 2013) quittait le palais al-Ittihadiya, ou le palais Héliopolis (Est du Caire) pour regagner ses premières positions.
En effet, Adly Mansour a repris ses fonctions à la tête de la Haute Cour Constitutionnelle (Plus haute instance judiciaire dans le pays qui tranche la constitutionnalité des lois), après la victoire de Abdel Fattah al-Sissi, ministre de la Défense démissionnaire, à l’élection présidentielle du mois de juin dernier. Al-Sissi accède donc au Palais de Héliopolis et Mansour regagne le perchoir de la Cour constitutionnelle dans la banlieue Sud de la capitale égyptienne à al-Maadi.
Le Palais Héliopolis est l’un des noms accordés au palais présidentiel d’al-Ittihadiya, compte tenu de son emplacement dans la région du même dans le quartier Egypte-Nouvelle au Caire. L’édifice fût construit au début du vingtième siècle pour être un hôtel avant qu’il ne soit transformé en siège du pouvoir.
A une distance d’environ un kilomètre et demi, où l’ancien président Adly Mansour occupe son poste, Moubarak séjourne dans l’enceinte de l’hôpital militaire d’al-Maadi, où il avait été transféré de l’établissement pénitentiaire de Tora, en se basant sur des rapports médicaux en vertu desquels l’hôpital de la prison n’était pas assez équipée et doté des outils appropriés pour pouvoir assurer le suivi à l’état de santé de celui qui a tenu les rênes du pouvoir en Egypte, trois décennies durant.
Bien qu’acquitté, en novembre 2014, de l’accusation portée à son encontre concernant l’incitation au meurtre de manifestants durant la révolution de 2011, Moubarak a regagné sa prison « médicale » où il est encore détenu pour faire face à plusieurs accusations dans d’autres affaires.