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Réunis, les 13 et 14 juillet courant, à Hammamet en Tunisie, les ministres des Affaires étrangères des pays voisins de la Libye ont débattu de la situation sécuritaire dans ce pays et ont adopté une déclaration finale aux termes de leurs concertations.
La réunion intervient en prolongement des rencontres des pays voisins de la Libye tenues en marge du 17ème congrès interministériel des pays Non-alignés qui a eu lieu les 27 et 28 mai 2014 en Algérie et de la 23ème session du Sommet africain à Malabo les 26 et 27 juin 2014 .
Elle s’inscrit dans le cadre des efforts visant à examiner les moyens appropriés de mobiliser le soutien en faveur du gouvernement et des institutions libyennes et de débattre des questions sécuritaires communes entre les pays voisins de la Libye.
La rencontre vise également à adopter une initiative d’action collective des pays de voisinage afin d’aider les Libyens à instaurer un dialogue national, à parachever le processus de justice transitionnelle et à renforcer les institutions de l’Etat et le processus démocratique dans le cadre de la sécurité et de la stabilité.
A l’issue de la réunion, les chefs de la diplomatie des pays voisins de la Libye ont décidé ce qui suit :
- Réaffirmer l’importance de cette réunion en tant que cadre idoine permettant de fédérer les efforts déployés par les pays voisins de la Libye en vue de se concerter sur les défis posés à ces pays par la situation sécuritaire en Libye et à instaurer un dialogue national libyen dans le cadre de l’entente et du consensus.
-Souligner que les pays voisins constituent une partie prenante dans la crise libyenne et dans les efforts visant à résoudre cette crise et à servir l’intérêt de la Libye.
-Passer en revue les défis sécuritaires, politiques et économiques auxquels devraient faire face les pays voisins, générés par la détérioration de la situation sécuritaire en Libye et l’amplification du phénomène de terrorisme, du crime organisé et le trafic d’armes.
-Accorder une haute importance à l'impératif de lutter contre les foyers de terrorisme en Libye, source de préoccupation majeure pour le pays et œuvrer à assécher ses sources.
-Appeler les institutions et les instances religieuses modérées dans les pays voisins à coordonner entre elles et à assumer leurs responsabilités respectives dans la diffusion d’un discours religieux modéré.
-Féliciter le peuple libyen pour la tenue des élections législatives et réaffirmer la nécessité de mettre en valeur le soutien politique aux pays voisins en vue de mettre une nouvelle instance parlementaire et d’entamer ses fonctions législatives.
Les participants ont convenu également de :
-La nécessité de respecter l’unité territoriale et la souveraineté de la Libye
- d’œuvrer en vue d’un arrêt total des opérations militaires en Libye
-Inciter toutes les parties et sensibilités politiques en Libye à régler leurs différends par la voie du dialogue et du consensus.
-Appeler les pays voisins de la Libye à prendre part aux réunions et aux congrès en rapport avec la situation libyenne, dès lors qu’ils sont les pays les plus directement affectés.
-Soutenir les efforts visant à offrir les meilleures conditions afin de tenir un congrès de dialogue national libyen et appuyer les initiatives arabes et africaines lancées à cet effet.
La réunion a décidé également de former deux équipes de travail sous la présidence du ministre tunisien des Affaires étrangers en collaboration avec les envoyés spéciaux de la Ligue des Etats arabes et de l’UA. La première formée d’experts sécuritaires aura pour mission de collecter les armes lourdes conformément à « une démarche progressive et sérieuse ».
La deuxième est politique et sera chargée des questions politiques et d’établir des contacts avec les différentes composantes de la société civile.
Les participants ont décidé de former une mission interministérielle qui sera dépêchée en Libye en vue de rencontrer les membres du gouvernement libyen et les parties prenantes sur la scène politique et pour exprimer le soutien et la solidarité des pays voisins avec le peuple libyen et encourager le dialogue national global avec les Libyens.