AA/ N'Djamena/ Mahamat Ramadane
Une dizaine de femmes en Burqa (voile intégral) se sont vue, vendredi, débarrassées, de force, de leur voile, par la police dans le grand marché de N'Djamena, ont rapporté des témoins oculaires interrogés par Anadolu.
"Cette mesure entre dans le cadre de l'application de la décision gouvernementale, émise le 17 juin et portant interdiction du port de tout vêtement ou accessoire susceptible de couvrir le visage sur tout le territoire tchadien" pour des raisons sécuritaires, a précisé une source sécuritaire à Anadolu.
Cette intervention policière n'a pas tardé à susciter indignataion et condamnation du côté de témoins qui ont assisté à la scène.
"C'est injuste de déshabiller une femme en plein marché, d'autant plus qu'il s'agit, pour la plupart, de femmes âgées qui se sont retrouvées presques à moitié nues", s'est indigné Moussa Abdel-Djalil, un commerçant du marché.
Marie, commerçante du marché qui a assisté à la scène, a pour sa part, précisé à Anadolu: "Nous avons vu venir la police mais nous ne savions pas que c’était pour le contrôle de la Burqa. Ma voisine, qui en portait une, a été brutalisée par un agent parce qu'elle a refusé d’enlever sa Burqa. La police voulait l'embarquer mais avec notre intervention, elle a accepté de se débarrasser de son voile".
Deux jours après le double-attentat suicide qui a visé, le 15 juin, la capitale tchadienne, le gouvernement a annoncé, entre autres mesures sécuritaires, l'interdiction formelle du turban et de la Burqa (voile cachant l'intégralité du corps porté par certaines femmes musulmanes).
La capitale tchadienne N'Djamena a été le théâtre, le 15 juin, de deux attentats suicide qui ont visé le commissariat central et l’école de police faisant 27 morts dont quatre parmi les terroristes selon un bilan officiel.
Selon des sources gouvernementales, ces attaques, à ce jour non revendiquées, sont l’œuvre du groupe Boko-Haram contre lequel le Tchad est engagé, militairement, avec d'autres pays du Bassin du Lac Tchad, depuis janvier dernier.