Hatem Kattou
16 Octobre 2017•Mise à jour: 17 Octobre 2017
AA/ Genève / Zahir Ajuz
Malgré les appels et l'insistance de l'opinion publique internationale quant à la nécessité d'envoyer des forces de maintien de la paix dans la région d’Arakan du Myanmar, pour permettre aux musulmans Rohingyas de retourner dans leurs foyers et vivre en toute sécurité, les Nations Unies n'ont pas encore intégré ces demandes à leur ordre du jour.
"Il existe un besoin urgent pour réunir les conditions nécessaires au retour des musulmans Rohingyas dans leurs foyers", a déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH), au correspondant d’Anadolu. "Réunir ces conditions incombe à la communauté internationale ou au Conseil de sécurité", a-t-il insisté.
Il a également souligné «le besoin d'une intervention internationale dans la région. Certains réfugiés d’Arakan au Bangladesh veulent retourner dans leurs régions en toute sécurité, obtenir la citoyenneté du Myanmar et jouir de tous les droits de citoyenneté dans leur pays».
Il a appelé "la communauté internationale à fournir davantage d'efforts pour résoudre les problèmes politiques et de sécurité au Myanmar".
"Les réfugiés Rohingyas au Bangladesh demandent aux Nations Unies de déployer des forces de maintien de la paix afin qu'ils puissent retourner en toute sécurité dans leurs zones après avoir être attaqués par des milices bouddhistes", a-t-il dit.
Les Nations Unies ont qualifié précédemment, les attaques ciblant les musulmans Rohingyas dans la province d’Arakan, « d’organisées, de coordonnées et de planifiées », et que l'objectif fondamental de ces attaques est de contraindre la population à se réfugier vers le Bangladesh.
L’ONU a également noté que l’implantation de mines dans les zones frontalières entre le Myanmar et le Bangladesh visait à empêcher le retour des Rohingyas dans leurs foyers.
Les Nations Unies ont ajouté que ce qui se passait dans la province d'Arakan ne relevait pas seulement du nettoyage ethnique mais aussi religieux, notant que de nombreuses mosquées de la région avaient été incendiées.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein, avait déclaré auparavant que « la campagne militaire contre les Rohingyas au Myanmar vise à expulser les musulmans et à nettoyer la province de leur existence à jamais. »
En dépit de toutes ces déclarations, les Nations Unies n'ont pas reconnu et qualifié les violences et crimes dans la région d’Arakan de «massacres et de génocide ».
D’autre part, malgré le besoin urgent d'aide humanitaire à Arakan, les équipes des Nations Unies trouvent du mal à atteindre la région et les fonctionnaires des Nations Unies rencontrent des difficultés pour entrer dans le territoire.
Sous prétexte de sécurité insuffisante dans la région, les Nations Unies ont décidé de ne pas envoyer leurs équipes à la région, et de ne travailler que depuis les bureaux, et ont également suspendu un certain nombre de campagnes d'aide qui auraient eu lieu dans la région.
Depuis le 25 août, l'armée du Myanmar et les milices bouddhistes ont commis des crimes, des attaques et des massacres brutaux contre la minorité musulmane des Rohingyas, tuant des milliers d'entre eux, selon des activistes locaux.
Les violations massives ont conduit presque 536 000 Rohingyas à se réfugier dans le Bangladesh voisin, selon les derniers chiffres de l'ONU.
Le gouvernement du Myanmar considère les musulmans Rohingyas comme des «immigrants illégaux venant du Bangladesh», alors que les Nations Unies les classent comme «la minorité religieuse la plus persécutée au monde».
En vertu d'une loi adoptée par le Myanmar en 1982, quelque 1,1 million de musulmans Rohingyas se sont vu refuser la citoyenneté et ont été victimes de plusieurs massacres et déplacements, devenant une minorité persécutée par la majorité des gouvernements bouddhistes.