Mourad Belhaj
02 Octobre 2019•Mise à jour: 03 Octobre 2019
AA - Jerusalem - Abdelraouf Arnaout
Les audiences préliminaires à une mise en examen, concernant les soupçons de corruption qui pèsent sur le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, ont débuté mercredi matin.
Ces audiences s’étendront sur les journées de mercredi, jeudi, dimanche et lundi, mais le procureur-général, Avichaï Mandelblit, pourrait décider d’en tenir d'autres.
Au cours de ces auditions, Mandelblit écoutera les plaidoyers des avocats du Premier ministre israélien contestant les accusations de fraude, de corruption et d'abus de confiance portées contre Netanyahu.
C'est au terme de ces auditions à huis clos, que le procureur-général israélien décidera de la pertinence de la mise en examen de Netanyahu, qui n'a pas accompagné son équipe de défense, composée de dix avocats, au ministère de la Justice israélien, où se déroulent les auditions.
Mandelblit, dont l’équipe est composée de vingt procureurs dirigés par le procureur de l’État Shai Nitzan et par lui-même, avait annoncé, en février, son intention de mettre en examen Netanyahu pour fraude, corruption et abus de confiance dans trois affaires distinctes. Des accusations que Netanyahu a formellement niées.
"Il est temps que le public entende tout de manière complète, sans intermédiaire, sans censure et sans distorsion", a déclaré le Premier ministre israélien dans un enregistrement publié, la semaine dernière, sur les médias sociaux.
Netanyahu avait demandé que les auditions soient retransmises en direct afin de "contrer les nombreuses fuites partielles et biaisées" qui lui porteraient préjudice, ce que certains observateurs n’ont pas hésité à qualifier de "tentative d'influencer l'opinion publique israélienne". La demande a finalement été rejetée par Mandelblit qui l'a jugée "sans précédent et sans fondement légal".
- Quelles sont les accusations portées contre Netanyahu?
Le premier ministre israélien est mis en cause dans trois dossiers, sur lesquels la police judiciaire a enquêté au cours des deux dernières années, pour finalement conclure qu'il y avait suffisamment de preuves pour inculper Netanyahu dans ces affaires:
-Dossier 1000 : Netanyahu est accusé d'avoir accepté des cadeaux et des avantages de la part d’hommes d’affaires, en échange de faveurs gouvernementales, pour lesquels Mandelblit a déclaré avoir l’intention mettre en examen le Premier ministre pour fraude et abus de confiance.
-Dossier 2000 : Netanyahu est accusé d'avoir essayé de parvenir à un accord avec l'éditeur du journal "Yediot Aharonot", Arnon Moses, afin d'obtenir une couverture positive dans le journal, en échange de l'affaiblissement du journal rival "Israel Today", d'où l'intention de Mandelblit de porter des accusations de fraude et d'abus de confiance contre Netanyahu dans ce dossier.
-Dossier 4000 : le dossier le plus dangereux et selon lequel Netanyahu est accusé d'avoir accordé des faveurs gouvernementales, qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars, à l'actionnaire majoritaire de la société "Bezeq", Shaul Alovic, en échange d'une couverture positive sur le site médiatique "Walla", appartenant à Alovic. Des faits pour lesquels Mandelblit a déclaré avoir l’intention de mettre Netanyahu en examen pour corruption, fraude et abus de confiance.