AA/Alger/ Abdel Razek Abdallah
Un haut responsable algérien a déclaré jeudi que son pays refuse de «jouer le rôle du gendarme» en Afrique du Nord, et à recourir à des solutions militaires pour résoudre des crises dans les pays voisins comme en Libye.
Kamal Rezzag Bara, conseiller du président algérien Abdelaziz Bouteflika pour les questions du terrorisme, a affirmé, sur les ondes de la radio officielle algérienne: «Nous ne sommes pas le gendarme de la région. Nous refusons de nous ingérer dans les affaires internes des autres Etats, comme nous refusons l’ingérence des autres dans nos affaires intérieures. Nous voulons protéger notre souveraineté ».
Le conseiller du président Bouteflika a tenu ces propos en réponse à une question sur la préférence de son pays pour les solutions politiques aux crises régionales comme en Libye et au Mali, et sur le refus algérien d’intervenir militairement.
Kamal Rezzag Bara a déclaré: «Nous ne voulons pas apparaître comme une puissance régionale désireuse de faire une démonstration de force pour exercer sa domination ici et là. Mais nous voulons aider les pays voisins à résoudre leurs problèmes par le dialogue pacifique et dans le cadre de la légalité internationale».
Il a poursuivi: «La constitution de l'Algérie lui interdit toute intervention militaire à l’étranger. Mais nous mettons notre diplomatie au service de la région».
L’article 26 de la Constitution algérienne stipule en effet: «L'Algérie se défend de recourir à la guerre pour porter atteinte à la souveraineté légitime et à la liberté d'autres peuples. Elle s'efforce de régler les différends internationaux par des moyens pacifiques».
L’Algérie appelle, depuis plusieurs mois, à trouver une issue politique à la crise libyenne à travers un dialogue entre les différents protagonistes de la crise. Des responsables algériens ont affirmé, à plusieurs reprises, qu’Alger rejette toute intervention extérieure ou opération militaire étrangère dans le pays.
L’Algérie a dirigé la médiation internationale pour résoudre la crise dans le nord du Mali, qui s’est achevée avec la signature d’un accord de paix entre le gouvernement de Bamako et les mouvements rebelles du Nord.
Mais le conseiller du président algérien, estime la crise libyenne plus complexe que celle du Mali, à cause, selon lui, du «caractère tribal de la société libyenne, des ingérences étrangères, mais aussi du rôle joué par les centaines de milices armées, et de la prolifération des groupes terroristes».