AA/Yaoundé/James Ntog
Au moins 100 musulmans présents dans les mosquées et qui s’apprêtaient, mercredi, à faire la prière du matin ont été tués par Boko Haram à Fotokol, dans l'extrême nord du Cameroun sur la frontière avec le Nigéria, a appris Anadolu jeudi de sources sécuritaires camerounaises.
«Les éléments armés de Boko Haram ont commencé les assauts mercredi vers cinq heures du matin. A cette heure là, beaucoup de musulmans étaient dans les mosquées et se préparaient pour la prière de 5h.30 », explique une source sécuritaire, sous couvert d’anonymat.
«Ces terroristes se sont introduits dans les mosquées et ont tués tous ceux qui s’y trouvaient, y compris les imams. On a par exemple 39 personnes tuées dans la mosquée Moustapha, 37 à la mosquée Outaz Mahamat, 22 personnes dans la mosquée Toudjanima et plusieurs autres dans la grande mosquée qui accueille généralement plus de monde que les petites mosquées de la ville. Cette grande mosquée a d’ailleurs été incendiée », ajoute la même source.
Ladite source a rattaché ce "massacre" à la volonté de Boko Haram de se venger des habitants qui refusaient de leur fournir des informations sur les activités des forces militaires dans la région, quoi qu'ils soient de confession musulmane.
Il y a également eu plusieurs dégâts matériels et de nombreuses personnes civiles tuées. «Ils ont saccagé presque tous les édifices publics de la ville : les ministères, la poste, la douane, les magasins. Ils ont tués toutes les personnes qu’ils ont rencontrées sur leur chemin. Des maisons ont été démolies et leurs habitants soit égorgés soit tués à l’arme à feu », indique la source sécuritaire.
Mercredi soir, d’autres sources ont indiqué à Anadolu que le ratissage effectué par les forces de sécurité camerounaises a permis de dénombrer «sept soldats camerounais et 16 soldats tchadiens tués » ainsi que plus de 300 corps retrouvés, des corps de civils camerounais et de combattants de Boko Haram. Environ 250 blessés se sont rendus à l’hôpital de la ville. « Ils sont pour la plupart blessés à la machette et au couteau. Beaucoup ont des blessures graves. Ils sont entassés dans la cour, l’hôpital étant trop petit pour les accueillir tous », confirme une autre source d’Anadolu en service à la mairie de Fotokol.
S’exprimant au cours d’une conférence de presse mercredi nuit, Issa Tchiroma, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement n’a pas souhaité donner un bilan chiffré exact de l’attaque de Fotokol. Il a juste rappelé que cette attaque a eu lieu « aux environs de cinq heures» du matin, que les assaillants de Boko Haram étaient « estimés à 800 hommes environ » et qu’il y a eu au moins« une cinquantaine de morts » dans les rangs de Boko Haram.
Des sources militaires tchadiennes et camerounaises ont de leur côté fait état mercredi de près de 300 tués dans les rangs de Boko Haram.
Si l’on s’en tient aux chiffres du ministre Tchiroma et aux chiffres concordants des différentes sources d’Anadolu, il y aurait alors eu au moins 250 civils tués par Boko Haram mercredi à Fotokol puisqu’au moins 300 corps ont été retrouvés dans la ville. Les sources d’Anadolu disent que du matériel militaire sophistiqué appartenant à Boko Haram a également été retrouvé à Fotokol. Il s’agit notamment d’armes à feu, de lance-roquettes et de fusées éclairantes.
L'incursion des combattants de Boko Haram à Fotokol, mercredi, a duré quelques heures, avant d'être repoussée par les forces tchadiennes et camerounaises.