AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco/ Rénovat Ndabashinze
Le Tribunal de Grande Instance en mairie de Bujumbura a accordé lundi, la libération provisoire au défenseur des droits de l’Homme, Pierre-Claver Mbonimpa, a rapporté un correspondant de Anadolu.
La justice burundaise a cependant interdit à l'activiste de quitter la ville de Bujumbura ou de s’approcher de l’aéroport international de Bujumbura.
Les avocats de Mbonimpa ont salué cette décision tout en indiquant que leur client n’avait aucune intention de fuir.
« Nous allons maintenant demander d’attaquer le fond de l’affaire pour prouver son innocence et avoir son acquittement », a ainsi déclaré à Anadolu Gédéon Mubirigi, un des avocats du militant.
A la mi-septembre, la justice burundaise avait refusé une première demande de libération provisoire de l'activiste arrêté et emprisonné le 16 mai dernier après avoir divulgué dans les médias des informations en rapport avec des entrainements paramilitaires de jeunes Burundais en République Démocratique du Congo.
Les avocats du principal militant des droits de l'homme au Burundi, avaient demandé cette libération suite à un état de santé qui se détériore.
Incarcéré à la prison centrale de Mpimba, à Bujumbura, Mbonimpa agé de 65 ans souffre de diabète et d'hypotension, selon un rapport d’expertise médicale présenté par ses avocats.
L'activiste avait d'ailleurs été transféré, fin août, dans une clinique de Bujumbura où il a été alité durant plus d'une semaine.
Le tribunal de Grande Instance de Bujumbura a alors mis en place une équipe de trois médecins gouvernementaux chargés de faire une contre-expertise médicale.
Le rapport de cette commission a confirmé, vendredi, un état de santé de Mbonimpa qui "se détériore de jour en jour".
"Il est obligé, rapporte le texte, de rester sous traitement toute sa vie."
" Il y a également un grand risque qu'il succombe à son hypertension si les conditions de vie ne s’améliorent pas", poursuit le document.
Lors de l'audience de présentation de ce rapport, le Représentant du ministère public s'était dit favorable à sa libération provisoire mais avait demandé à la justice de mettre en place des mécanismes permettant à Mbonimpa de répondre à la justice en cas de besoin, selon des sources juridiques.
Depuis quelques semaines, de nombreuses voix se sont élevées pour demander la liberté immédiate du militant qui a d'ailleurs été l'objet de la récente résolution du Parlement européen et d'une déclaration du président des Etats-Unis, Barack Obama à l'Asseùblée générale de l'ONU.