AA/OUAGADOUGOU (Burkina Faso)/ Lougri Dimtalba
Cheriff Maumina Sy, journaliste et l’un des candidats malheureux à la présidence de la transition du Burkina Faso, après la chute de Blaise Compaoré, a été élu jeudi, président du Comité national de transition, organe devant faire office d’Assemblée Nationale jusqu’en 2015.
C’est avec 71 voix contre 14 pour son rival, que Cheriff Maumina Sy, fondateur de l’hebdomadaire « Bendré » et réputé d’être très critique de l’ancien régime, a été porté à la tête du Comité national de transition (CNT).
Les 90 membres du CNT avec 30 de l'opposition à l'ancien président Blaise Compaoré, 25 de la société civile et 10 de l'ancienne majorité ainsi 25 pour le compte de l’armée, étaient présents pour l'installation de cette institution de transition.
Le plus jeune membre du CNT, Congo Safiatou est âgée de 22 ans tandis que le plus âgé, Salif Théodore Ouédraogo, un ancien député de l’ex-parlement incendié le 30 octobre dernier, a 73 ans.
Cette première session du CNT s’est déroulé sous la présence du premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida, son gouvernement et le corps diplomatique à l'Hôtel des députés, un bâtiment situé à l’écart du centre-ville de la capitale.
Le nouveau président du CNT, avant son allocution a demandé d’observer une minute de silence en la mémoire des martyrs tombés lors de l’insurrection populaire ayant emporté le régime de M. Compaoré après 27 ans de règne, avant d’appeler les membres de cet organe législatif au travail.
« Il va falloir imaginer l’avenir de notre pays en adoptant des textes et des lois dans lesquels les populations se reconnaissent. Il nous faut aller vite et bien » a dit M. Sy, saluant de passage la marque de solidarité de la communauté internationale à l’égard du Burkina dans la résolution de la crise.
Sy a par ailleurs indiqué que le CNT fera des propositions de loi au regard de ses prérogatives. « Nous n’allons pas attendre que le gouvernement nous soumettent des projets de lois. Nous allons le faire nous-même » a-t-il annoncé.
Le Burkina Faso, petit pays sahélien situé en Afrique de l’Ouest, avec 17 millions d’habitants où 40% sont des jeunes a connu un soulèvement populaire qui a chassé Blaise Compaoré au pouvoir depuis 27 ans, en fin octobre. Une charte de transition a été élaborée et signée par toutes les composantes de la société.