AA/Ouagadougou/ Lougri Dimtalba
Le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans et empêché jusqu'içi par la constitution de se représenter en 2015, a créé, mardi à Ouagadougou, "un cadre de dialogue et de concertation" avec toute la classe politique burkinabé confondue.
Cette initiative a été prise en raison de l'impasse politique dans laquelle est plongée le Faso depuis que Compaoré avait évoqué en décembre 2013, l’idée d’un référendum, suscitant alors la fronde de l’opposition et d’une partie de la société civile qui ont manifesté à plusieurs reprises.
Compaoré a ainsi rencontré au Palais présidentiel la majorité, l'opposition politique et le Front Républicain (un mouvement réclamant en son sein une quarantaine de partis politiques d’opposition et de la majorité), selon une source officielle burkinabé.
A l’issue de la réunion, le représentant de la majorité, par ailleurs secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP au pouvoir), Assimi Kouanda, a indiqué à la presse avoir " écouté le chef de l’État". " Nous allons le soutenir dans sa volonté de construire une nation dans la paix et nous saluons la création du cadre de dialogue", a-t-il souligné.
L’opposition politique représentée par ses têtes de proue notamment, Zéphirin Diabré de l’Union pour le changement et le progrès (UPC- ex ministre de Compaoré), et Roch Marc Christian Kabore, ex-dirigeant du parti au pouvoir et membre fondateur du Mouvement des peuples pour le progrès (MPP) des dissidents du parti au pouvoir, a également « salué » ce cadre d’échange alors qu’elle avait boycotté le Conseil consultatif sur les réformes politiques (CCRP) en 2011.
« Il n’y a pas de raison que nous refusions un tel cadre d’échange, mais nous restons sur nos positions. C’est un dialogue ferme sur nos convictions » a estimé Diabré face à la presse, à l'issue de la rencontre.
Arrivé en 1987 au pouvoir par un coup d’Etat, le président Compaoré qui termine son deuxième quinquennat en 2015 a déjà effectué deux septennats.
A la mi-septembre, le parti de Compaoré et ses alliés du Front républicain ont déposé sur le bureau du président de l’assemblée nationale un document relatif à la modification de la Constitution, qu’ils demandent de transmettre au chef du gouvernement et au président du Faso.
Un projet qualifié de « provocation et de passage de force » par l’opposition qui, depuis plusieurs mois, multiplie les actions de protestation contre le référendum, accusant les partisans de Compaoré de vouloir lui offrir « un pouvoir a vie » par l’entremise de cette consultation.