M. Baraa Mohammad
26 Mars 2017•Mise à jour: 27 Mars 2017
AA/ Sofia
Les élections législatives bulgares ont démarré, dimanche matin, à 7:00 (heure locale) et devraient se poursuivre jusqu'à 20:00.
Des électeurs qui ont une double nationalité ont été empêchés de parvenir en Bulgarie depuis la Turquie, suscitant une importante polémique, dans un contexte marqué par la montée de la rhétorique raciste et islamophobe.
Treize partis politiques et neuf coalitions sont en lice pour les 240 sièges du Parlement bulgare.
Selon les estimations, le taux de participation devrait atteindre les 65%, à travers les quelques 12 mille centres ouverts par le Haute Commission bulgare des élections.
Pour permettre aux électeurs résidant à l’étranger de participer au scrutin, les missions diplomatiques bulgares ont ouvert 400 bureaux de vote, dont 35 en Turquie.
Et à la veille des élections, la Haute Commission a décidé de faire remplir par les électeurs résidant à l'extérieur de l'Union Européenne, et notamment en Turquie, un formulaire rédigé en alphabet cyrillique, sans leur permettre de se faire aider.
La mesure décidée tardivement a suscité les protestations de milliers de citoyens bulgares résidant dans des pays étrangers, dont la Turquie.
Selon le dernier sondage d'opinion, il est probable qu'un gouvernement de coalition soit formé dans le pays, entre le parti des « Citoyens pour le développement européen » et « le Parti socialiste. »
Les deux parties remporteraient 30% des voix, selon le sondage.
Selon les estimations, la coalition des « Patriotes unis », formée de mouvements d’extrême-droite, populiste et xénophobe, dont le parti islamophobe « Ataka », devrait obtenir 10% des voix.
Pour sa part, la présidente du Parti socialiste bulgare, Kornelia Ninova, avait laissé entendre qu'elle collaborerait avec la coalition des « Patriotes unis », en cas de victoire de son mouvement aux élections.
De leur côté, des analystes soutiennent qu’une victoire du Parti socialiste rapprocherait la Bulgarie de la Russie. Ninova avait déclaré, à cet égard, qu’elle ne voulait pas que son pays soit traité comme un Etat de deuxième classe au sein de l'Union européenne.
Quant aux citoyens d’origine turque, qui représentent 10% de la population de la Bulgarie, ils espèrent renforcer leur présence au Parlement.
Le parti DOST (Démocrates pour la responsabilité, la liberté et la tolérance), nouvellement implanté dans le paysage politique bulgare, compte sur cette réserve de voix pour se faire entendre. Pour ce faire, il doit affronter, en plus des partis conventionnels, le Mouvement pour les droits et libertés (HOH), parti historique de la minorité turc, défendant des positions hostiles à la Turquie.
Vendredi dernier, des groupuscules d'extrême droite ont organisé des blocages dans plusieurs postes frontières avec la Turquie, à l'aide de chaine et de vieux pneus, dans le but d'empêcher le passage des binationaux à l’occasion des élections.
La commission électorale bulgare a, en outre, interdit un clip de campagne en langue turque du parti DOST.
La Bulgarie a une population d'environ 7 millions de personnes, dont 10% sont d'origine turque, et il y a environ 150 mille Bulgares d’origine turque, résidant en Turquie.