L’ancien envoyé spécial de l’ONU en Syrie, Lakhdhar Brahimi, a affirmé que « la poursuite du conflit syrien est néfaste aux pays voisins et risque d'exploser toute région".
"Ce conflit ne se limite pas à la Syrie mais pourrait avoir des répercussions négatives sur le Liban, notamment en présence de l’organisation de l’Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL) ».
Dans une interview accordée au magazine allemand « Dier Spiegel », Brahimi a formulé le souhait de voir le Président syrien Bachar al-Assad procèder à la passation du pouvoir. "C'est la meilleure alternative pour le pays", a-t-il dit.
"La délégation syrienne s’est rendue à la Conférence de Genève II en signe de gratitude envers la Russie et non pour engager des négociations fructueuses sur la crise syrienne", a-t-il regretté.
Réagissant à une question sur le départ de Bachar al-Assad, Brahimi a relevé qu'Al-Assad lui a dit que le peuple syrien veut qu'il reste encore au pouvoir".
"La rééelection d’Al-Assad avec 89% des suffrages exprimés lors de la Présidentielle, ne fait que torpiller toute solution politique en Syrie", a-t-il souligné.
"Al-Assad est au courant la situation qui prévaut en Syrie.Néanmoins, certains détails pourraient lui échapper", a poursuivi Brahimi.
"Il est au courant de la torture et de la destruction massive des villes" et ne peut pas en aucun cas faire fi de souffrances qu'endurent 2.5 millions réfugiés ou 100 mille détenus dans les prisons syriennes», insiste l'ancien médiateur onusien.
Brahimi a partagé le même avis du Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon selon lequel il n'est pas question de recourir à l'option militaire pour résoudre le conflit syrien. "Aucun des deux parties belligérantes ne sortira vainqueur", a-t-il martelé, mettant en garde contre les risques "d'une éventuelle somalisation de la Syrie".