AA/ Yaoundé
"Boko Haram ne dépassera pas le Cameroun" selon le président camerounais Paul Biya qui a appelé les Camerounais à garder confiance pendant cette "lutte longue" avant de quitter Yaoundé pour prendre part au Sommet Etats-Unis/Afrique à Washington.
"Le Cameroun a eu à traverser d’autres épreuves. On a eu à lutter contre le Nigeria pour Bakassi [territoire ayant fait l'objet d'un litige entre le Cameroun et le Nigéria, ndlr] et avant, on a éradiqué les maquis qui étaient des mouvements révolutionnaires, on est venu à bout des villes mortes [émeutes et grèves en 1991, ndlr]" a rappelé Biya, dans une interview à la télévision nationale camerounaise, au salon d'honneur de l'aéroport international de Yaoundé-Nsimalen "Ce n’est pas le Boko Haram qui va dépasser le Cameroun. Nous continuons le combat et nous les vaincrons."
Pour le Président Camerounais, la sécurité en Afrique est une "question majeure" qui sera au coeur du sommet Afrique-USA, prévu le 5 et 6 août à Washington. Pour l'heure, Biya se félicite de "points marqués" dans la lutte contre le groupe armé dont les activités au Cameroun se concentrent dans la région de l'Extrême-Nord du pays, à proximité des frontières avec le Nigéria.
"Il y a quelques semaines, nos forces ont marqué des points importants contre le Boko Haram. Mais c’est une lutte longue, on a affaire à un ennemi pervers, sans foi ni loi, qui attaque la nuit, qui égorge, et qui a évidemment fait des exactions à Kolofata et à Hile-Halifa." tempère le président camerounais.
Biya, se revendiquant, selon la presse locale, comme "un chef de guerre" contre le groupe armé, a également prévu une réorganisation des troupes ainsi qu'un renforcement du dispositif militaire sur place.
"J'ai envoyé le chef d’Etat-Major là-bas pour réorganiser notre dispositif ; j’ai envoyé des secours, des renforts en hommes et en matériels. Nous avons renforcé notre potentiel et je crois que les jours à venir montreront que nos efforts pour organiser une riposte et une défense de notre territoire sont efficaces."
Dimanche 27 juillet, le maire de la ville de Kolofata, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, a été enlevé avec des membres de sa famille, par le groupe armé Boko Haram, ainsi que l'avaient rapporté des sources sécuritaires et militaires à Anadolu, en même temps que le vice-premier ministre chargé des relations avec les assemblées, retiré dans la même ville de l'Extrême Nord, échappait à une autre attaque au cours de laquelle son épouse et son garde du corps ont été enlevés.
Au groupe armé Boko Haram, principalement actif au Nigéria et dans la région de l'Extrême Nord du Cameroun, est imputée la responsabilité de nombre d'attaques contre des civils et des opérations d'enlèvement, notamment de ressortissants étrangers. Le 15 juillet 2014, Human Rights Watch a déclaré avoir comptabilisé 95 attaques commises par Boko Haram lors des six premiers mois de l'année 2014. Elles ont causé la mort d'au moins 2 053 civils.