AA - Bruxelles - Nur Gülsoy
L'Union européenne (UE) met en danger la vie des immigrés et des réfugiés, dont elle viole les droits également, affirme Amnesty International (AI), une organisation non-gouvernementale qui lutte pour la défense et la promotion des Droits de l'Homme.
Dans le rapport intitulé "le Bilan humain de l'Europe des forteresses" qu'elle a publié mercredi, Amnesty a recensé la mort de 23 000 personnes, alors qu'elles essayaient d'atteindre l'Europe.
"L'UE et les pays membres construisent un mur impossible à franchir, afin de garder les immigrés clandestins dehors, sans tenir compte des raisons qui les ont poussé à risquer leur vie pour atteindre les frontières de l'UE", observe le rapport, ajoutant que des réfugiés sont expulsés de Bulgarie, de Grèce et d'Espagne, d'une manière illégale et risquent leur vie la plupart du temps, sans pouvoir accéder aux procédures d'asile. Ils sont maltraités par les employés des postes frontières et des gardes côtes. Selon le même rapport, certains pays européens menacent les candidats à l'immigration de les détenir longtemps dans les centres de retention pour les dissuader d'entrer en Europe."
Pour Amnesty, l'UE cherche à légitimiser sa politique - de plus en plus rigide - envers les immigrés et les réfugiés, en invoquant le nombre d'immigrés qu'elle accueille déjà et les charges financières que cela implique. Propos démentis par l'ONG qui fait remarquer que les pays qui accueillent le plus de réfugiés dans le monde ne sont pas ceux de l'UE mais le Pakistan, l'Iran, le Liban, la Jordanie, la Turquie, le Kenya, le Tchad, l'Ethiopie, la Chine et les Etats-Unis.
En outre, sur un total de 2,8 millions réfugiés syriens dont la moitié sont des enfants, seulement 96 000 ont pu atteindre l'Europe et demander l'asile.
La moitié des immigrés clandestins qui viennent en UE fuient les conflits et les atrocités des pays comme la Syrie, l'Erythrée, l'Afghanistan et la Somalie.
Evoquant les politiques migratoires, Amnesty International a appelé les autorités de l'UE à accorder la priorité à la protection des personnes et non à celle des frontières.