Nadia Chahed
10 Mai 2017•Mise à jour: 12 Mai 2017
AA/Alger/Karim Kebir
Le président du mouvement de la société pour la paix (MSP-islamiste), Abderazak Makri, a été reçu, mercredi, par le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal en vue d’une éventuelle intégration de son parti au Gouvernement, a-t-il annoncé sur son compte facebook.
Abderazak Makri a précisé que cette demande émane de la présidence algérienne.
«Après avoir été contacté par le biais d'un intermédiaire, deux jours auparavant, je voulais confirmer la demande de notre participation au gouvernement. Nous l'avons confirmé auprès de lui personnellement (Le Premier ministre, ndlr) et il a précisé que c'était à la demande du président de la République », a-t-il indiqué.
Le MSP qui a tissé une alliance avec le front du changement (FC), de l’ex-ministre Abdelmadjid Menasra, qui était en dissidence avant de revenir à la « maison-mère », a obtenu 33 sièges sur 462 que compte le parlement lors des élections législatives du 04 mai dernier et marquées par un fort taux d’abstention (35, 37 % ayant voté sur plus de 23 millions d’électeurs).
Il devient comme la troisième force politique du pays, loin derrière les partis du pouvoir, le Front de Libération Nationale (FLN), parti nationaliste du président Bouteflika, arrivé en tête avec 164 sièges, suivi du Rassemblement national démocratique (Nationaliste libéral), du chef de cabinet de la présidence de la république, Ahmed Ouyahia avec 100 sièges, selon les chiffres du Conseil constitutionnel, le ministre de l’intérieur ayant annoncé auparavant qu’il avait obtenu 97 sièges.
Il devance l’autre alliance des partis islamistes, Ennahda-Adala-Bina, qui n’a obtenu que 15 sièges et loin devant l’opposition laïque, le front des forces socialistes (14 sièges), le parti des travailleurs (11 sièges) et le Rassemblement pour la Culture et la démocratie (9 sièges).
Il y a quelques mois, Abderazak Makri, dont le parti avait quitté le Gouvernement dans lequel il comptait deux ministres en 2012 dans le prolongement du « printemps arabe », avait appelé à la constitution d’un gouvernement d’union nationale, après les législatives, pour faire « face à la crise née de la chute des prix du pétrole ».
« Un gouvernement d’union nationale incluant toutes les formations politiques, majoritaires ou minoritaires, celles qui participent comme celles qui boycottent les législatives », avait-il précisé.
Mais à l’issue du scrutin de jeudi dernier, le président du MSP avait indiqué que « si ça tenait à lui, son parti ne rejoindra pas le Gouvernement »
Il avait dénoncé une fraude électorale dont son parti a été victime au profit des partis du pouvoir.
Selon Makri, la décision de participer ou non au Gouvernement sera tranchée par le Conseil consultatif national qui se réunira après examen par le Conseil constitutionnel des recours introduit par le MSP.
Deux courants traversent le parti : ceux qui veulent rejoindre le pouvoir, incarné par l’ancien président du parti Bouguerra Soltani, qui fut ministre d’Etat, et celui radical qui veut demeurer dans l’opposition incarné par l’actuel dirigeant, Abderazak Makri.
Le MSP est également membre de l’instance de coordination et de suivi de l’opposition (ICSO), structure issue du congrès de l’opposition algérienne dans ses diverses tendances, tenu à Mazafran en juin 2014 et qui réclame au pouvoir algérien une « transition négociée ».