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14 Mai 2019•Mise à jour: 15 Mai 2019
AA/Alger/ Tarik Zaidi
Plusieurs milliers d’étudiants ont manifesté mardi, pour la deuxième fois depuis le début du Ramadan, dans plusieurs villes algériennes pour réclamer un changement radical du système de gouvernance, d’après plusieurs sources.
A Alger, les étudiants, issus de plusieurs campus se sont rassemblés peu après dix heures du matin, devant la grande poste, monument emblématique au cœur de la ville, avant d’entamer une marche vers le siège du parlement.
Malgré la présence d’un dispositif policier renforcé, les étudiants ont réussi à le forcer pour organiser leur marche sous les cris de «système dégage », «tous doivent partir », allusion au chef d’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, le premier ministre, Nouredine Bedoui et Mouad Bouchareb, patron du FLN, parti majoritaire au parlement du président déchu, Abdelaziz Bouteflika, ou encore « pour une république civile et non militaire », allusion au chef d’Etat-major de l’armée, Ahmed Gaid Salah, homme fort du moment.
Déployant et portant des banderoles, les étudiants ont également scandé des slogans hostiles à la tenue des élections présidentielle le 04 juillet prochain.
Alors que la date limite de dépôt de candidature est prévue dans une semaine, aucune figure connue ne s’est manifestée pour l’heure même si le ministère de l’Intérieur a annoncé l’existence de 70 déclarations d’intention.
Aussi, le contexte politique marqué par des manifestations hebdomadaires et le rejet du Gouvernement ne permet pas, de l’avis des observateurs, l’organisation du scrutin.
Mais c’est au prix de bousculades, parfois musclées avec les forces de l’ordre que les étudiants sont parvenus à poursuivre leur marche à travers le Boulevard Zighoud Youcef où se trouve le parlement pour rejoindre l’avenue "Abane Ramdane" où se trouve le principal tribunal qui juge depuis quelques semaines des hommes liés au régime dans des affaires de corruption avant de revenir, au terme d’une boucle, à la Grande poste pour se disperser dans le calme.
Tout le long de l’itinéraire, ils ne cessaient de scander "silmiya, silmya" (pacifique, pacifique). Selon des témoins, certains étudiants se sont évanouis sous l’effet de la chaleur avant d’être secourus.
Des manifestations similaires ont eu lieu également à Constantine, à Sidi Bel Abbes, à Oran, à Bouira, à Tizi-Ouzou et à Bejaia, selon plusieurs sites d’informations.