AA/ Bghdad/ Ali Chikhou
Le premier ministre irakien sortant, Nouri Al-Maliki a annoncé, jeudi soir, sa décision de renoncer à la primature au profit du premier ministre chargé, Haïdar al-Abadi.
Dans une déclaration télévisée prononcée, jeudi soir accompagnée d'al-Abadi, Al-Maliki a affirmé qu'il n'envisage pas briguer un troisième mandat afin de faciliter le déroulement de l’opération politique et d'épauler les efforts visant à former le nouveau gouvernement.
"J'’ai décidé de renoncer à ma candidature au poste de la primature au profit de Haïdar al-Abadi, par souci de préserver les intérêts supérieurs du pays », a-t-il plaidé.
"Contrairement aux affirmations de certains, je n’ai jamais été attaché au pouvoir. Seulement, j’étais un défenseur du Droit et de la Constitution », a soutenu le premier ministre sortant, allusion faite à son "droit" à former un nouveau gouvernement, notamment après que Foued Massoum, président de la république ait chargé, lundi dernier, al-Abadi de former le nouveau gouvernement.
« J’ai écarté l’option du recours à la force pour éviter un retour à la dictature », a soutenu le premier ministre sortant.
Toutefois, jusqu’à la formation du nouveau gouvernement, Al Maliki reste le chef suprême des forces armées.
Vivement applaudie, la décision du président Massoum a été considérée comme étant "une issue à la crise politique" dans laquelle s’enfonce le pays.
Dans le même contexte, Ali Moussawi, conseiller de communication du premier ministre sortant a déclaré qu’Al Maliki a retiré son recours formé devant la Cour fédérale irakienne contre la décision du président de la République de charger al-Abadi de former le nouveau gouvernement.
Le dénouement de la crise politique en Irak intervient en concomitance avec l’offensive d’envergure lancée par les groupes armés sunnites, en particulier l’organisation de l’Etat Islamique (EI) contre plusieurs régions de l’Irak.
C'est ainsi que, depuis vendredi dernier, sous prétexte d’enrayer les avancées de l’EI vers Erbil, capitale du région autonome du Kurdistan irakien, les Etats Unis ont lancé des "frappes aériennes limitées » dans le Nord de l’Irak. Selon Washington, ces frappes visent également à "protéger les intérêts américains en Irak".