Mennatallah H. H. M. Said A.
26 Février 2022•Mise à jour: 26 Février 2022
AA/Washington
La Maison Blanche a annoncé, vendredi soir, que l'administration de Joe Biden imposerait des sanctions contre le président russe Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
La porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré lors d'une conférence de presse qu'une "interdiction de voyager" vers les États-Unis ferait partie des sanctions américaines contre les deux responsables russes.
Psaki a indiqué que de plus amples détails concernant les sanctions seront dévoilés "ultérieurement".
Dans ce contexte, la responsable américaine a également souligné que le fait de s'en prendre au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, serait « un acte atroce » de la part des Russes.
De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que les sanctions contre Poutine et Lavrov sont une démonstration de l'impuissance des Occidentaux.
S'adressant aux pays occidentaux, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a déclaré que "les sanctions contre le président et le ministre des Affaires étrangères du pays sont une preuve de l'impuissance absolue de votre propre politique étrangère".
Zakharova a ajouté, dans une déclaration à la télévision russe que les relations entre Moscou et les pays occidentaux sont proches du "point de non-retour".
Jeudi à l'aube, la Russie avait lancé une opération militaire en Ukraine. L'intervention russe a provoqué des réactions de colère dans plusieurs pays à travers le monde qui ont appelé à des sanctions plus sévères contre Moscou.
Le bilan humain provisoire donné jeudi soir par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, fait état de 137 morts et 316 blessés, au terme du premier jour de l’intervention militaire russe en Ukraine.
*La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l'arabe par Hend Abdessamad