Khadija Al Zogami
22 Avril 2016•Mise à jour: 25 Avril 2016
AA/ Washington
Le Département d'Etat américain a appelé le gouvernement russe, à revenir sur sa décision de considérer l'Assemblée nationale [Mejlis] des Tatars de Crimée, comme une "organisation extrémiste", et de mettre fin à ses activités.
Le Département d'Etat a affirmé, dans un communiqué, que l'Assemblée nationale des Tatars de Crimée est connue pour être une organisation démocratique représentant cette communauté, qui n'a pas bénéficié d’une représentation suffisante, pendant de longues années, et qui a souffert de l'oppression au cours de l'histoire.
"L'Assemblée est une voix forte et indépendante, œuvrant à préserver la culture des Tatars de Crimée, et à les protéger des discriminations", a relevé la même source.
Le Département d'Etat américain a considéré que les autorités russes n'ont pas les prérogatives leur permettant d'imposer leurs lois dans l’administration des Tatars en Crimée, soulignant que la cessation des activités de leur Assemblée est contraire aux principes de la démocratie.
Washington a estimé que la mesure est le dernier épisode du harcèlement mené par l’administration effective dans la péninsule de Crimée, marqué par des descentes policières dans les maisons et les lieux de culte.
"Nous appelons une fois de plus la Russie à mettre fin à l'occupation de la Crimée et à rendre ces territoires à l’Ukraine. Les sanctions contre la Russie concernant la Crimée se poursuivront aussi longtemps que durera l'occupation" a conclu le communiqué.
Le ministère russe de la Justice avait classé, le 18 avril courant, l'Assemblée nationale des Tatars de Crimée parmi les organisations religieuses et civiles dont les activités sont à arrêter en raison de leur nature extrémiste.
La Russie a annexé la péninsule de Crimée relevant de l’Ukraine, à l’issue d’un référendum tenu unilatéralement le 16 mars 2014, sans tenir compte des lois internationales.
Les Tatars de Crimée forment une population d'origine turque vivant, dans la péninsule éponyme, mais aussi dans les républiques de l'ancienne Union soviétique, les Balkans et la Turquie.
En 1944, sous Staline, le régime soviétique a déporté les Tatars de Crimée dans les camps de Sibérie et dans les pays turcophones d’Asie centrale, à l’époque sous l’autorité de l’Union soviétique. Leurs terres et leurs maisons ont été confisquées pour «haute trahison». Près de 300 mille Tatars de Crimée sont morts dans les trains de déportation.