Michael Gabriel Hernandez
29 Septembre 2023•Mise à jour: 29 Septembre 2023
AA / Washington / Michael Hernández
La Serbie a procédé à un déploiement militaire « sans précédent » le long de sa frontière avec le Kosovo, a déclaré vendredi la Maison Blanche, appelant Belgrade à retirer ses troupes.
Le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby, a déclaré que Washington a repéré un « important déploiement militaire serbe le long de la frontière avec le Kosovo » qui a eu lieu la semaine dernière.
Ce déploiement comprend la mise en place « sans précédent » d'artillerie, de chars et d’unités d'infanterie mécanisée, a-t-il expliqué.
« Nous pensons qu'il s'agit d’une évolution très déstabilisante », a déclaré Kirby. « Nous appelons la Serbie à retirer ses forces massées à la frontière et à contribuer à réduire les tensions », a ajouté le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis.
John Kirby a indiqué qu’« en raison des récentes évolutions », la KFOR, la force internationale de maintien de la paix déployée par l’Otan au Kosovo, « allait augmenter sa présence » dans le nord du territoire.
« Washington continue de travailler avec ses partenaires européens pour mettre davantage de pression sur le Kosovo et la Serbie afin qu'ils reprennent le dialogue facilité par l'Union européenne. Pristina et Belgrade doivent remplir leurs obligations et s'engager de bonne foi dans ce processus », a-t-il déclaré.
« Les deux pays doivent également éviter toute mesure provocatrice qui risque d'accroître les tensions et d’entraver le dialogue, notamment des mesures comme celles que nous avons vues avec ce déploiement militaire serbe à la frontière », a ajouté le haut responsable américain.
Dimanche un groupe armé de Serbes avait bloqué un pont menant au village de Banjska, situé près de la ville de Mitrovica, à l'aide de deux camions dépourvus de plaques d'immatriculation.
Une fusillade a éclaté après que le groupe a ouvert le feu sur les policiers qui s'étaient rendus sur les lieux pour enquêter sur le problème, faisant un mort et un blessé.
En mai 2023, le Kosovo avait été le théâtre d'un regain de tension après des heurts entre civils serbes et policiers kosovars. Les civils serbes manifestaient pour marquer leur opposition à la prise de fonctions de maires, tous d’origine albanaise, dans le nord du Kosovo. Ces maires ont été désignés au terme des élections locales organisées par Pristina le 23 avril dernier dans quatre municipalités peuplées majoritairement de Serbes qui ont boycotté ce scrutin à la suite d’appels lancés par Belgrade.
Les tensions sont fréquentes dans le nord du Kosovo, une ancienne province serbe qui a proclamé son indépendance en 2008, jamais reconnue par Belgrade.
La plupart des États membres des Nations unies, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et la Türkiye, reconnaissent le Kosovo comme un État indépendant, mais Belgrade le considère comme faisant partie de son territoire et bloque les efforts déployés par Pristina pour adhérer à des organisations internationales et obtenir la reconnaissance d'autres États.
*Traduit de l’anglais par Majdi Ismail