Bilal Müftüoğlu
07 Octobre 2016•Mise à jour: 08 Octobre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
"L'Union européenne (UE) ne peut pas s'étendre infiniment", a déclaré, vendredi, le Premier ministre français Manuel Valls, appelant l'UE à se concentrer sur de nouveaux partenariats stratégiques avec ses pays voisins plutôt que sur de nouvelles adhésions.
S'exprimant conjointement avec Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, à la conférence de l'Institut Jacques Delors sur "L'avenir politique de l'Union européenne", le Premier ministre français a dressé un sombre tableau pour le futur de l'UE, avec des avertissements sur son élargissement et sa protection.
"Le projet européen va mal. Une telle accumulation de crise est sans précédent. L’UE peut se disloquer (...) Les Européens doivent comprendre ce que fait l’UE. Ils ne le comprennent plus", a ainsi martelé Valls, estimant que l'Europe doit désormais être consciente de ses limites géographiques.
"Revendiquer une identité européenne, c'est assumer l'existence de frontières. L'Europe commence et s'arrête quelque part (...) L'UE ne peut pas s'étendre infiniment", a-t-il renchéri.
Interrogé à cet égard sur les nouvelles adhésions à l'UE, dont celle de la Turquie, Valls a assené qu'il faudrait "sortir de l'hypocrisie": "La Turquie, c'est un grand partenaire. C'est l'OTAN, mais il faut sortir de l'hypocrisie".
Reconnaissant que la question de la Turquie est "un sujet délicat et complexe", le Premier ministre français a préconisé un "partenariat stratégique" avec ce pays plutôt qu'une adhésion.
Par ailleurs, Valls est revenu sur le sujet de la défense européenne, avertissant que l'armée française ne peut pas être sa seule garante.
"L'armée française ne pourra pas être éternellement l'armée européenne. Même si nous prendrons nos responsabilités et qu'il faudra, lors du prochain quinquennat, que les dépenses de défense atteignent 2% du PIB", a-t-il ainsi noté.
Ses remarques ont été soutenues par Juncker, qui a rappelé de son côté son avis favorable à la création d'une "armée européenne".
"On ne peut pas laisser à la seule France le devoir de sauver l'honneur", a-t-il rajouté.