Arif Yusuf
23 Mars 2018•Mise à jour: 23 Mars 2018
AA/ Ninive (Irak)/ Mohamed Walid - Serhad Shaker
Une députée irakienne a accusé, vendredi, les forces de la "Mobilisation populaire" de commettre des représailles dans la province de Ninive (Nord), alors qu’un leader de l’organisme précité a confirmé la traduction en justice de quiconque, affilié à ces forces, commettra des violations.
"Les soi-disant ‘Brigades de l’Imam Ali’, une faction affiliée à la "Mobilisation populaire", avaient détenu, il y a quelques jours, un jeune des habitants du district d’Al-Baaj (140 km à l’ouest de Mossoul), l’avaient torturé, tué de sang froid et jeté son corps à l’air libre", a déclaré à Anadolu la députée (sunnite) de Ninive, Jamela Obaidy.
Elle a souligné que "les forces de la "Mobilisation populaire" commettent des crimes horribles contre des civils et des arabes sunnites, en particulier sur la route reliant les districts d’Al-Baaj et de Sinjar, qu’elles devraient, au contraire, sécuriser".
Obaidy a indiqué que "la police du district d’Al-Baaj lui avait confirmé que l’enlèvement d’un individu sur la route reliant Al-Baaj au district de Sinjar n’était pas la premier de son genre. Des incidents similaires avaient eu lieu sur motif de vengeance sectaire, lesquels n’étant pas mis en exergue par les autorités politiques et d’information".
Selon la députée irakienne, "certaines forces de la "Mobilisation populaire" présentes à Mossoul sont accusées d’avoir cambriolé des boutiques et enlevé des personnes riches, leur arrachant ainsi des compromis et demadant des rançons pour les remettre en liberté", ont témoigné des habitants de la ville.
Pour sa part, Abdel-Ileh Mahdi al-Maksousi; un dirigeant de la "Mobilisation populaire", a confié à Anadolu "que les "Brigades ‘Ali Alakbar" est la faction responsable de la protection de la route reliant les districts d’Al-Baaj et de Sinjar".
Selon al-Maksousi, "il s’agit d’une très longue route où s’activent des groupes terroristes et des gangs. Ainsi, la sécurisation de cette route nécessite plus de temps et d'efforts. A cet égard, les violations qui y surviennent doivent faire l’objet d’une étude approfondie sans en porter la "Mobilisation populaire" pour unique responsable".
Il a, d’un autre côté, "confirmé que les forces présentes à Mossoul avaient commis certaines violations indiquant que les accusés avaient été traduits, immédiatement, en justice".
Et le dirigeant de poursuivre "Notre principal objectif consiste à soutenir les forces de sécurité irakiennes à lutter contre le terrorisme et à le battre".
En décembre dernier, Bagdad avait annoncé avoir repris à Daech toutes les terres que l’organisation terroriste avait dominées depuis l'été 2014 dans le Nord et l’Ouest, lesquelles ont été estimées à un tiers du territoire irakien.
Daech avait donc perdu le contrôle de son domaine au terme de trois ans de combats contre les forces irakiennes, soutenues par la Coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.