Hajer Cherni
28 Décembre 2020•Mise à jour: 29 Décembre 2020
AA / Bagdad
Le ministère irakien de l'électricité a déclaré lundi que son pays perdu 7 000 mégawatts d'électricité, suite à la baisse des importations de gaz iranien destiné à alimenter les stations de production d'énergie.
Le porte-parole du ministère, Ahmed Moussa, a déclaré à l'agence de presse officielle INA, que la réduction des importations de gaz par l'Iran a fait perdre à l'Irak 7 000 mégawatts d'électricité, ce qui a impacté l'approvisionnement destinée aux citoyens.
Il a souligné que l'Iran avait baissé ses exportations de gaz vers l'Irak en raison des dettes accumulées par le pays, qui s'élèvent à 2,6 milliards de dollars d'importations de gaz.
Il a ajouté que le ministre iranien de l'Énergie, Reza Ardakanian, atterrira mardi en Irak pour discuter des importations de gaz et des dettes de l'Irak.
Moussa a déclaré hier, dimanche, que la partie iranienne a informé l'Irak de cette réduction de 5 millions de mètres cubes à 3 millions de mètres cubes (par jour), en raison du non-paiement des dettes contractées lors de l'importation de gaz.
Concernant le nouveau accord avec la Turquie, Moussa a expliqué qu'Ankara commence à exporter de l'électricité vers l'Irak dès lundi.
"Aucune déclaration officielle n'a été publiée à ce sujet par le ministère de l'Électricité", a-t-il dit.
"Discuter de cet accord semble précoce jusqu'à présent, car les aspects techniques nécessaires liés à ce projet n'ont pas encore été testés ou finalisés", a-t-il ajouté.
Il est prévu que la Turquie entame, à partir de lundi, les opérations d'exportation d'électricité vers l'Irak, via la ligne Silopi-Zakho, et ce, pour une durée de 11 mois.
Cette décision intervient suite à l'octroi de l'Autorité de régulation du marché de l'énergie en Turquie d'une licence à la société Aksen Energy Trading pour exporter 150 mégawatts d'électricité à destination de l'Irak.
L'Irak produit 19 000 mégawatts d'énergie électrique, alors que les besoins réels dépassent les 30 000 mégawatts, selon des responsables du secteur de l'électricité.
Les autorités irakiennes poursuivent des pourparlers avec les pays du Golfe, dirigés par l'Arabie Saoudite, pour importer de l'électricité, à travers la liaison de son réseau au système du Golfe. D'ailleurs, le pays dépend de l'Iran pour importer 1 200 mégawatts d'électricité et de gaz pour alimenter les centrales électriques locales.
L'Irak traverse une profonde crise énergétique avec la pénurie d'électricité, qui perdure depuis des décennies, en raison du blocus et des guerres successives.
Depuis de nombreuses années, les Irakiens protestent contre les coupures d'électricité fréquentes, particulièrement en été, où les températures dépassent parfois les 50 degrés Celsius.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni