AA/Bangkok
La Thaïlande pourrait prochainement nommer un Premier ministre non-élu, ont rapporté, jeudi, des média locaux.
La mesure a été critiquée par plusieurs observateurs et qualifiée de retour aux années 80, lorsque le pays était traité de "moitié de démocratie".
La commission rédigeant une nouvelle constitution thaïlandaise a approuvé, jeudi, un article qui permet à l’Assemblée nationale de sélectionner un Premier ministre qui n’est pas issu de ses rangs, a rapporté le journal Bangkok Post.
Depuis 1988, le Premier ministre de la Thaïlande a toujours été un député de l’Assemblée nationale, à l'exception des périodes où la junte militaire était au pouvoir.
Avant cette date, la constitution permettait, auparavant, aux députés de nommer un chef du gouvernement ne faisant pas partie du Parlement. C’est sous ce système que Prem Tinsulanonda, un officier militaire à la retraite, ait occupé le poste de Premier ministre de 1980 à 1988.
Lorsque la proposition a vu le jour pour la première fois, en décembre dernier, elle s’est vue vigoureusement opposée par plusieurs politiciens, dont l’ancien Premier ministre et chef du parti Démocrate Abhisit Vejjajiva.
"Un Premier ministre venu de l’extérieur peut être acceptable dans une situation de crise, mais cela serait dangereux dans des circonstances normales" avait estimé, à cette époque, Vejjajiva.
Une précédente tentative pour insérer une telle clause dans la Constitution avait provoqué des manifestations et un bain de sang. Quand le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej est intervenu en mai 1992, cinquante-quatre personnes avaient déjà été tuées.
Le Général Prayuth Chan-ocha a mené un coup d’Etat militaire, le 22 mai dernier, à la suite de plus de six mois de violentes protestations menées par des manifestants hostiles et favorables au gouvernement de Yingluck.
Prayuth a, par la suite, été nommé Premier ministre par décret royal, cumulant ainsi les fonctions de chef de gouvernement, de chef de la junte et chef de l'armée.