AA - Ankara - Tuncay Çakmak
La Russie et les forces du régime de Bachar al-Assad violent l‘accord partiel de cessation des combats en vigueur en Syrie.
L’acheminement des aides humanitaires dans les zones que l’accord prévoit n’est pas garanti.
D’après le Programme Alimentaire des Nations Unies, plus de 486 mille personnes sont assiégées dans 18 régions différentes en Syrie.
La localité de Madaya, dans le nord-ouest de Damas, est encerclée depuis huit mois par Hezbollah et les troupes du régime. Le drame humanitaire qui touche ses habitants avait attiré l’attention de l’opinion internationale.
L’ONU avait fait parvenir à deux reprises des aides alimentaires et médicales à Madaya, mais aussi à Zabadani, Fua et Kafraya.
Le Groupe International de Soutien à la Syrie, avait annoncé la semaine dernière, sous une co-présidence des Etats-Unis et de la Russie, un accord pour une fin des combats en Syrie à partir du 27 février à minuit.
La veille, le 26 février, le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait voté à l’unanimité une résolution en faveur de la fin des combats en Syrie.
La résolution demandait que les aides humanitaires soient acheminées le plus rapidement possible aux zones concernées.
Cependant, d’après les sources locales, seule Muaddamiye, district de Damas, a pu recevoir une aide humanitaire. Après une longue attente imposée par les forces du régime, seuls les camions comprenant des colis alimentaires et des produits d’hygiène ont pu entrer dans la ville.
Les mêmes sources affirment que les colis médicaux et les médicaments n’ont pas été autorisés.
En conséquence, lundi, un autre enfant est mort à Madaya parce qu’il n’a pas bénéficié d’une aide médicale et de médicaments.
La ville comporterait près de 400 personnes gravement malades. Seuls quatre d’entre eux ont pu quitter Madaya le 12 février.
C’est la même situation à Ghouta où une aide médicale a pu intervenir après la mort de deux personnes malades.
L’ONU avait annoncé le parachutage, le 24 février, de 21 tonnes d’aides à Deyr-i Zor, sous contrôle de Daech.
L'organisation avait aussi été annoncé que des aides parviendraient à Madaya, Zabadani, Fua et Kafraya le 28 février.
Mais les sources locales affirment que rien de tout cela n’a été réalisé.
L’Envoyé Spécial de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura avait annoncé qu’en cas de respect de l’accord de cessez-le-feu et de l’acheminement de l’aide, les négociations pourraient reprendre à Genève le 7 mars.
Lundi, John Kerry, chef de la diplomatie américaine, avait sévèrement critiqué le régime pour les obstacles qu'il impose au transport des aides humanitaires.
«Pouvez-vous au moins essayer d’avoir un peu d’éthique», a-t-il lancé.