Feiza Ben Mohamed
08 Janvier 2024•Mise à jour: 08 Janvier 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
La Première ministre Élisabeth Borne a présenté, lundi, la démission de son gouvernement, à Emmanuel Macron, mettant ainsi fin à son passage à l’hôtel de Matignon.
Si l’Elysée précise qu’elle continuera à assurer les affaires courantes jusqu’à la nomination d’un nouveau gouvernement, cette période transitoire pourrait être relativement courte puisque plusieurs noms circulent de manière insistante, à l’image de celui de l’actuel ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal.
À la tête de Matignon depuis le 16 mai 2022, et donc depuis la réélection d’Emmanuel Macron a un second quinquennat, Élisabeth Borne, qui a succédé à Jean Castex, sera restée un an et presque 8 mois en poste.
Durant cette période, elle aura eu à affronter de nombreuses crises politiques liées à des mouvements sociaux particulièrement violents.
Élisabeth Borne restera également dans l’esprit des Français, celle qui aura usé, à 23 reprises, du 49-3 pour faire adopter ses textes législatifs sans l’avis des parlementaires.
Pendant plusieurs mois, son parcours à Matignon a été rendu particulièrement compliqué par la fronde provoquée par la réforme des retraites, puis par son adoption sans vote au Parlement.
Des scènes de violences avaient éclaté dès le mois de mars, notamment à Paris où durant plusieurs nuits, des affrontements ont été à déplorer.
Fin juin, la mort du jeune Nahel, 17 ans, tué par un policier à Nanterre, avait également plongé l’Exécutif dans une grande inquiétude avec des émeutes et des violences urbaines partout en France, à l’initiative de la jeunesse des quartiers populaires.
Si la période estivale a ensuite permis un court retour au calme, le gouvernement a été très vite rattrapé dès la rentrée par une immense polémique liée à l’interdiction de l’abaya, puis à la mise sur les rails de la très controversée loi immigration.
Élisabeth Borne, qui a porté ce projet de loi adopté fin décembre après avoir fait l’objet d’une motion de rejet, quitte Matignon alors qu’une partie des Français est toujours dans la rue, pour protester cette fois contre la guerre menée par Israël dans la Bande de Gaza.