Mourad Belhaj
15 Juin 2020•Mise à jour: 22 Juin 2020
AA / Moscou / Elena Teslova
Un tribunal de Moscou a condamné, lundi, l'ancien soldat du Corps des Marines des États-Unis d'Amérique, Paul Whelan, à 16 ans de prison, après l’avoir reconnu coupable d'espionnage.
La peine s'est avérée moins lourde que prévu, le procureur ayant requis une peine de 18 ans de réclusion.
Le juge a précisé que le condamné de 50 ans, né au Canada et qui détient la nationalité américaine, britannique et irlandaise, purgera sa peine dans un "camp à régime sévère".
Whelan, qui avait plaidé non coupable, a déclaré qu'il fera appel de la sentence.
L’ancien soldat du Corps des Marines a été arrêté en décembre 2018, à Moscou, par le Service fédéral de sécurité russe (FSB), qui l’a accusé d’espionnage.
La défense de Whelan insiste sur son innocence, affirmant qu'il a été "piégé", après avoir reçu une clé USB d'un ressortissant russe qu'il ne connaît pas, et qui contenait, selon lui, "des photos d'un voyage touristique", alors qu’elle contenait, en réalité, une liste des employés d'une agence secrète de sécurité.
Selon l'avocat de l'accusé, Vladimir Jerebenkov, le procureur est convaincu que Paul Whelan est un officier – au moins un colonel – de l'agence de renseignement de la Défense américaine.
Directeur de la sécurité d'un fabricant américain de pièces détachées dans le secteur automobile, Whelan affirme qu'il était en Russie pour assister au mariage d'un ex-marine de ses amis, et qu’il se rendait régulièrement dans ce pays, depuis 2007, pour aider la famille du marié.
L'affaire a soulevé des spéculations selon lesquelles la Russie détenait Whelan dans l'intention de l'échanger contre le pilote russe, Konstantin Yaroshenko, emprisonné aux États-Unis pour trafic de drogue.
Ces spéculations ont été démenties par la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, qui a déclaré que le fait que Whelan ait été arrêté pour espionnage n'était pas contesté par les États-Unis, lors de contacts directs avec les autorités américaines, mais quand il s'agit de déclarations publiques "ils disent ce qu'ils sont supposés dire".
Selon des données publiées, en 2019, par le ministère russe des Affaires étrangères, 22 ressortissants américains sont emprisonnés en Russie pour fraude, trafic de drogue, vol et agressions sexuelles.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj