Elena Teslova
04 Juillet 2023•Mise à jour: 04 Juillet 2023
AA / Moscou / Elena Teslova
La Russie ne voit aucune raison de prolonger l'accord céréalier de la mer Noire de l'année dernière, qui arrivera à échéance dans moins de deux semaines, a déclaré le Kremlin, mardi.
Le ministère russe des affaires étrangères a par ailleurs indiqué, dans un communiqué, que "Moscou fait les efforts nécessaires, dans le strict respect des règles de procédure, pour que tous les navires participant à l'initiative puissent mener à bien leur mission et quitter la mer Noire" avant le 17 juillet, date d'expiration de l'accord.
Expliquant cette décision, la diplomatie russe a estimé que l'objectif de l'accord avait été dénaturé, puisqu'au lieu d'être exportés vers l'Afrique, les denrées alimentaires étaient en grande partie acheminées vers des "pays bien pourvus", et qu'aucun progrès n'avait été réalisé en ce qui concerne le volet russe de l'accord.
La décision fait également référence à l'explosion du mois dernier qui a interrompu le fonctionnement de l'oléoduc Togliatti-Odessa, construit pour acheminer les exportations d'engrais russes.
Le ministère a déclaré que l'explosion du pipeline d'ammoniac "a été conçue sur le modèle de l'explosion du gazoduc Nord Stream" en septembre dernier, laissant entendre que les mêmes forces sont derrière ces deux actes de sabotage.
La Türkiye, l'ONU, la Russie et l'Ukraine ont signé un accord à Istanbul, en juillet dernier, pour reprendre les exportations de céréales à partir de trois ports ukrainiens de la mer Noire, exportations qui avaient été interrompues après le déclenchement de la guerre en Ukraine en février de l'année dernière.
En septembre dernier, des explosions ont visé les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, nouvellement construits, qui acheminent le gaz naturel russe vers l'Allemagne et la région européenne, via la mer Baltique.
Moscou accuse l'Occident, et plus particulièrement Washington, d'être directement impliqué dans ces explosions. La Russie a réclamé l'ouverture d'une enquête internationale sous l'égide de l'ONU sur ce sabotage présumé, mais cette requête a été rejetée.
Les médias américains ont laissé entendre que Washington était au courant d'un complot ukrainien visant à faire exploser les gazoducs, mais Kiev a nié toute implication.
Le pipeline Togliatti-Odessa servait à acheminer de l'ammoniac (un engrais largement utilisé) de la ville russe de Togliatti (Tolyatti) au port ukrainien d'Odessa, où il était chargé sur des navires pour être ensuite expédié vers d'autres régions du monde. L'explosion a eu lieu le 7 juin, et la Russie et l'Ukraine se sont mutuellement accusées d’être à l’origine des dommages subis par le pipeline.
Moscou affirme que les forces armées de Kiev ont miné et fait exploser cette infrastructure après que les représentants de l'ONU ont accru la pression sur l'Ukraine, en exigeant la reprise des livraisons d'engrais russes.
Oleh Synyehubov, gouverneur de la région de Kharkiv, dans le nord-est de l'Ukraine, a pour sa part déclaré que le bombardement de la région par la Russie était à l'origine des dommages subis par le pipeline.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj