Meher Hajbi
27 Juin 2020•Mise à jour: 27 Juin 2020
AA - Libye
Le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen d’entente nationale, Fayez al-Sarraj s’est entretenu, samedi, avec le Premier ministre italien Giuseppe Conte à Rome.
C’est ce qu’a fait savoir le cabinet d’al-Sarraj, expliquant que le processus politique au conflit libyen était au coeur des discussions.
Lors de la réunion tenue au siège du gouvernement italien dans la capitale, Rome, les deux responsables ont souligné que “la solution à la crise libyenne ne peut pas être militaire et que tout le monde devrait suivre une voie politique”
En effet, al-Sarraj et Conte souhaitent faire de la résolution du Conseil de sécurité (sur la crise en Libye) et des conclusion de la Conférence de Berlin un point de départ pour rétablir la stabilité dans le pays secoué par les affrontements armés entre les forces gouvernementales et les milices de Khalifa Haftar.
Par ailleurs, les deux dirigeants ont convenu de former un comité de suivi pour le retour des entreprises italiennes sur le sol libyen, ainsi, reprendre leurs activités. De son côté, Rome a réaffirmé son engagement dans les opérations de déminage, entamées depuis quelques jours sur le territoire libyen.
Au cours de son déplacement, al-Sarraj a également rencontré Stephanie T. Williams, la représentante de l'ONU, avec qui il a étudié la réouverture des sites pétroliers et la reprise la production sous la supervision de la compagnie pétrolière nationale.
Il est à rappeler que les forces gouvernementales libyennes ont récemment mis en déroute les milices du chef de guerre Khalifa Haftar.
Après avoir repoussé, dans un premier temps, leur offensive contre la capitale, Tripoli, l’armée libyenne a repris la ville stratégique de Tarhouna, toutes les villes de la côte ouest, la base aérienne d'Al-Wattia et les villages de Djabal al-Gharbi (montagne occidentale).
Toutefois, des troupes de Khalifa Haftar, soutenus par des mercenaires russes et étrangers, avaient fermé le port de Zouitina (Est), le 17 janvier dernier, et sont actuellement présents dans le champ "Al-Charara", au sud de la Libye.
Le champ “Al-Charara” est le plus grand champ pétrolier de Libye, avec une capacité de production de plus de 300 000 barils par jour, ce qui représente environ un tiers de la production libyenne de brut en temps normal.
Le blocage illégal durant plus de 142 jours a engendré des pertes estimées à environ 5,2 milliards de dollars pour le Trésor public libyen.
Dans ce contexte, le gouvernement libyen d’entente nationale, reconnu par la Communauté internationale, a condamné, à maintes reprises, le soutien militaire fourni par l'Égypte, les Émirats arabes unis, la France et la Russie aux milices de Haftar.