Olfa Gharbi - Afef Gharbi
27 Juin 2020•Mise à jour: 27 Juin 2020
AA/Tunisie-Hammamet/Olfa Gharbi
Le président du Mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, a assuré que le gouvernement d’entente nationale est l’unique gouvernement légitime en Libye.
C’est ce qui ressort d’une déclaration de Ghannouchi, en marge de la réunion du Conseil de la Choura d’Ennahdha (54 sièges au parlement sur 217), dans la ville de Hammamet (Est).
La déclaration de Ghannouchi intervient quelques jours après celle du président tunisien, Kaïs Saïed, lors de sa visite en France, où il avait considéré la légitimité du gouvernement d’entente comme étant « provisoire » et basée sur la légalité internationale, provoquant une large polémique en Libye.
Ghannouchi a souligné que le Conseil de la Choura discutera, entre autres, du maintien du gouvernement tunisien, surtout à la suite des accusations portées à l’encontre du Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh.
Mercredi dernier, le député indépendant au parlement tunisien, Yassine Ayari, avait annoncé le dépôt d’une plainte auprès de la Justice contre Fakhfakh pour suspicion de conflit d’intérêts. Ce dernier avait déclaré posséder des actions dans des sociétés privées, entretenant des liens commerciaux avec l’Etat tunisien.
Le bloc de « Qalb Tounes » (Cœur de la Tunisie- Libéral /27 députés) et d’autres députés ont entamé des consultations en vue de la présentation d’une motion de censure pour le retrait de confiance au Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, pour suspicion de conflit d’intérêts.
Fakhfakh a cependant démenti, lors de la séance plénière du jeudi, les accusations portées à son encontre, assurant que les actions qu’il possède ne dépassent pas 20% dans chaque société, ce qui n’est pas interdit par la loi puisqu’il ne contribue pas à la prise de décision.
Il a précisé avoir déclaré ses biens et intérêts auprès de l’Instance Nationale de Lutte Contre la Corruption (INLUCC), à la suite de sa prise de fonction en tant que Chef du gouvernement, le 27 février dernier.
Ghannouchi a souligné, étant sollicité de se présenter pour un autre mandat à la tête du Mouvement Ennahdha, qu’ « on n’est ni le RCD (ancien parti au pouvoir à l’époque de Ben Ali) ni Ben Ali, et ces pratiques sont parties après lui ».
Il a assuré, dans ce contexte, que le Mouvement Ennahdha est attaché aux pratiques démocratiques au niveau interne.
Suivant le règlement interne d’Ennahdha, Ghannouchi ne peut plus se présenter une nouvelle fois pour présider le Parti, étant donné que le président n’a pas la possibilité de se présenter plus de deux fois successives.
Pour sa part, le président du Conseil de la Choura, Abdelkarim Harouni, a déclaré aux médias que la réunion du Conseil, qui s’étend sur deux jours, porte sur les préparations du 11ème Congrès du Mouvement, prévu pour 2020 et considéré comme étant « un événement national ».
Harouni a poursuivi que la réunion porte également sur le Statut du Mouvement et sur les Commissions financière et de préparation du Congrès ainsi que sur le rôle de Ghannouchi après le Congrès, surtout qu’il ne pourra pas se présenter pour un autre mandat.
Il a précisé que l’ordre du jour de la réunion implique, d’autre part, la discussion de la situation dans le pays et de l’avenir du gouvernement, notamment après les accusations portées à l’encontre de Fakhfakh.
Harouni a assuré, dans ce contexte, que « le Mouvement soutient jusqu’à présent le gouvernement de Fakhfakh et n’a pas signé la motion de censure, en attendant l’enquête sur l’affaire de son président ».
Le président de la Choura a appelé le président Saïed à « rectifier sa position concernant le gouvernement libyen, ayant suscité un mécontentement auprès de certaines parties libyennes » et à « prendre une position appuyant la légitimité en Libye et respectant les intérêts de la Tunisie».