Mona Saanouni
08 Novembre 2017•Mise à jour: 08 Novembre 2017
AA/Qatar/Ahmed al-Masri
Le ministre qatari des Affaires étrangères, Mohamed bin Abderrahman, a tenu les Etats boycottant son pays pour "responsables de la désintégration du Conseil de Coopération du Golfe", et a renouvelé son appel au dialogue pour résoudre la crise du Golfe.
C’est ce qui ressort de la conférence de presse conjointe animée avec son homologue irakien, Ibrahim al-Jaafari, mercredi dans la capitale qatarie Doha.
Le ministre qatari des Affaires étrangères a mis en garde contre les répercussions de ce qu’il a appelé le "siège injuste" imposé à son pays, indiquant: "Nous tenons les États du blocus pour responsables de la désintégration du Conseil de Coopération du Golfe en tant que système de sécurité collective".
L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, et l’Egypte avaient rompu leurs relations avec le Qatar le 5 juin dernier, et lui ont imposé «des mesures de sanctions», sous prétexte de "soutien de terrorisme", ce qui a été réfuté par Doha, indiquant qu’il s’agit d’une campagne de «diffamation et de mensonges».
En réponse aux déclarations faites par les responsables des Etats du blocus, estimant que la crise avec le Qatar est infime, Abderrahman a affirmé que "la crise du Golfe n’est pas infime", qu’ils (les pays du boycott) provoquent un problème "d’un rien du tout", ce qui prouve que ce qui est infligé au Qatar "est une mesure arbitraire qui a des répercussions dangereuses".
"La tentative des Etats du blocus de minimiser la crise et de minimiser le Qatar montre qu’ils sont au cœur d’une crise avec la diplomatie internationale et avec eux-mêmes", a-t-il souligné.
"Leur crise avec la diplomatie internationale réside dans la poursuite de l’intransigeance et du rejet du dialogue", a-t-il ajouté.
"Qu’ils tentent de surmonter la crise en la minimisant et en l’ignorant médiatiquement ne la résoudra pas", a-t-il affirme.
Il a, par ailleurs, renouvelé l’appel de son pays au dialogue pour résoudre la crise : "Nous espérons que la sagesse prévaudra pour entrer en dialogue".
Commentant la menace lancée par le Roi du Bahreïn, il y a quelques jours, d’imposer plus de sanctions à Doha en plus du visa aux d’entrée imposé aux ressortissants qataris, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que «les déclarations ne changeront rien (…) si cette décision dépendait du Bahreïn on aurait pu répondre, mais nous savons désormais que c’est une décision de l’extérieur » (sans fournir de détails).
En réponse à la question concernant l’ouverture d’une ambassade qatarie en Irak, le ministre qatari a indiqué qu’il y a, effectivement, une décision prise à cet égard, mais qu’il y avait des circonstances ayant retardé son exécution.
«Cependant, il y a une recommandation claire de la part de l’Emir du pays de rouvrir l’ambassade très prochainement et de désigner un ambassadeur », a-t-il ajouté.
Il a formulé l'espoir que la visite d’al-Jaafari «ouvrira une nouvelle page dans les relations bilatérales».
De son côté, al-Jaafari a déclaré : «Nous sommes contre l’isolement et le siège de tout pays, et pour le dialogue, même avec l’existence de problèmes ».
«Seul le dialogue peut surmonter les différends, et mener la région à l’unité », a-t-il considéré.
Il a abordé la position de son pays quant aux événements du District du Nord de l’Irak, «notre position n’était pas celle d’arabes contre des kurdes (…) c’était plutôt contre la déviation du côté légal, le drapeau a été brulé publiquement, le drapeau d’un autre pays a été hissé, ce sont des questions qui constituent une provocation de la conscience des irakiens, des arabes et des musulmans ».
S’agissant des informations concernant l’appel lancé par l’Arabie saoudite à l’Irak pour la médiation avec l’Iran, à travers le ministre irakien de l’Intérieur, et si cette médiation existe toujours, al-Jaafrari a répondu : «la relation entre l’Arabie saoudite et l’Iran nous intéresse beaucoup et nous optons pour qu’elle soit au mieux, parce qu’elle se reflète sur nous », sans affirmer ou infirmer l’information disant que Riyad avait demandé cette médiation.
Il a affirmé que «son pays joue un rôle dans le rapprochement des pays en conflit».
Al-Jaafari était arrivé mardi à Doha, dans le cadre d’une visite de plusieurs jours.