Wassim Samih Seifeddine
15 Avril 2021•Mise à jour: 15 Avril 2021
AA/ Beyrouth
Le Premier ministre libanais désigné, Saad Hariri, s’est entretenu au téléphone avec le Président russe Vladimir Poutine au sujet de la situation générale au Liban et dans la région.
Le bureau d’information de Hariri, a indiqué par voie de communiqué, rendu public jeudi, que le Premier ministre libanais a abordé lors de cet entretien téléphonique avec Poutine, la question de la crise gouvernementale au Liban. Les deux parties ont souligné l’importance de former le gouvernement dans les plus brefs délais.
Hariri est en visite officielle d’une durée indéterminée à Moscou, où il est arrivé mercredi soir.
Le communiqué a souligné que l’entretien a abordé également les perspectives de coopération entre le Liban et la Russie dans le domaine de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 et la possibilité que la Russie fournisse au Liban les quantités de vaccins nécessaires.
Il a expliqué qu'un accord avait été conclu pour poursuivre les discussions entre les deux parties afin de permettre au Liban de bénéficier du soutien russe dans divers domaines et préparer le terrain aux entreprises russes pour investir au Liban et à leurs homologues libanaises pour faire de même en Russie.
Un communiqué de la Présidence russe (le Kremlin) relayé par le bureau d’information de Hariri, a indiqué que ce dernier avait informé Poutine de l'évolution de la situation au Liban et des mesures préliminaires prises pour former le nouveau gouvernement et surmonter la crise économique.
Les deux responsables ont également abordé les questions régionales urgentes et leur disposition pour une action commune à même de créer les conditions appropriées pour le retour des réfugiés syriens qui se trouvent au Liban, rapporte le communiqué.
Depuis plus d'un an, le Liban endure sa pire crise économique, depuis la fin de la guerre civile en 1990, qui a conduit à un effondrement financier sans précédent.
En raison des différends entre le Premier ministre désigné Saad Hariri et le Président de la République, Michel Aoun, ainsi que des tensions entre les forces politiques libanaises, le Liban peine à se doter d’un nouveau gouvernement, à la suite de la démission du gouvernement Diab le 10 août 2020, six jours après l’explosion catastrophique du port de la capitale, Beyrouth.
Hariri veut former un gouvernement de « technocrates » (personnalités non partisanes), et accuse le Président de la République, Michel Aoun, de tenter d'obtenir pour son équipe (le Courant patriotique libre et ses alliés, dont le « Hezbollah »), un « tiers de blocage », ce que nie catégoriquement le chef de l’État.
Le «tiers de blocage» signifie qu'une faction politique obtient un tiers des portefeuilles ministériels dans le gouvernement, ce qui lui permet de contrôler ses décisions et de suspendre ses réunions.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail