AA / Moscou / Elena Teslova
Le président russe Vladimir Poutine a appelé, mercredi, à conjuguer les efforts internationaux pour relever les défis mondiaux, notamment les conflits armés régionaux, les risques de prolifération des armes de destruction massive, les activités des groupes criminels transfrontaliers, le trafic de drogue, la cybercriminalité et le terrorisme international.
Le caractère mondial de ces défis exige que tous les États unissent leurs efforts et travaillent sur la base du droit international et des objectifs et principes de la Charte des Nations unies, a déclaré Poutine dans son discours aux participants à la conférence de Moscou sur la sécurité internationale.
Le Président russe a souligné que l'ONU, créée pour empêcher une nouvelle guerre mondiale, a été et reste le fondement du système des relations internationales.
La Russie, pour sa part, a proposé de développer une nouvelle "équation de sécurité", qui prendrait en compte "tous les facteurs influençant la stabilité stratégique dans leur interconnexion" et lèverait les appréhensions réciproques, a souligné Poutine.
La principale préoccupation de Moscou en matière de sécurité concerne le renforcement continu du potentiel et de l'infrastructure militaires de l'OTAN à proximité des frontières russes, ainsi que le refus de l'alliance de considérer "de manière constructive" les propositions de la Russie sur la désescalade de la tension et la réduction du risque d'incidents imprévisibles, a déclaré le président russe.
Vladimir Poutine a également souligné l'importance du règlement des conflits régionaux, ajoutant que son pays ne perd jamais de vue sa responsabilité dans la sécurité et la prospérité des pays voisins.
- La situation de la sécurité en Europe
Faisant écho au président Poutine, le ministre de la défense Sergueï Choïgou a déclaré que la situation en matière de sécurité en Europe est "explosive" et nécessite une désescalade.
Il a regretté que l'OTAN ait rejeté les propositions de la Russie concernant la suspension des exercices militaires à proximité des frontières de l'autre partie et l'annonce d'un moratoire sur le déploiement de missiles à portée intermédiaire et à courte portée pouvant être équipés d'ogives conventionnelles et nucléaires.
Le ministre russe de la Défense a suggéré d'organiser des inspections réciproques des sites de missiles afin de restaurer la confiance et de dissiper les appréhensions réciproques, tout en améliorant le cadre juridique permettant de prévenir les incidents impliquant des équipages d'avions et de navires.
Selon Choïgou, une tendance constante se dessine en Europe pour renforcer la confrontation militaire avec la Russie, et certains pays, notamment l'Ukraine, poussent intentionnellement l'OTAN à une escalade avec Moscou.
"Le sommet de l'OTAN, qui s'est tenu à Bruxelles le 14 juin, a confirmé la transformation de l'organisation, qui est passée d'une alliance militaro-politique régionale à une alliance militaro-politique mondiale, avec pour tâche principale de contenir la Russie et la Chine", a-t-il déclaré.
Choïgou a ajouté que des décisions ont été prises lors du sommet de l'OTAN sur l'augmentation des dépenses militaires et l'amélioration du potentiel de dissuasion nucléaire.
"Dans le même temps, le dialogue formel que Bruxelles propose de poursuivre dans le cadre du Conseil OTAN-Russie ne réduit pas la tension dans les relations bilatérales", a-t-il souligné.
Le ministre a noté que les questions de la situation sécuritaire en Europe dépendent largement de la position des États-Unis, le moment est venu de les aborder en tenant compte des préoccupations et des intérêts de chaque partie.
Pour sa part, le chef d'état-major général russe Valeri Guerassimov a déclaré que le seul accord de contrôle des armements existant - le traité sur la réduction des armes stratégiques - crée les conditions nécessaires à la poursuite du dialogue sur la stabilité stratégique.
Il a également noté que les nouvelles armes hypersoniques et cinétiques qui brouillent les frontières entre les armes conventionnelles et nucléaires détermineront les questions de stabilité stratégique à l'avenir.
En écho à Poutine et à Choïgou, Guerassimov a déclaré que l'OTAN déplaçait son infrastructure militaire vers les frontières russes : elle a d'abord effectué des patrouilles aériennes, maintenant sa marine et ses forces terrestres sont également en action.
Des navires équipés de missiles à longue portée de haute précision opèrent presque en permanence en mer Noire et en mer Baltique, des vols d'avions de reconnaissance, de patrouille et d'attaque, ainsi que des drones, sont effectués, quelque 10 000 militaires sont déployés en permanence en Europe de l'Est, et les États-Unis poursuivent le déploiement des lanceurs de missiles, a-t-il précisé.
Après le retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, la Russie n'exclut pas que Washington puisse installer en Europe des missiles pouvant atteindre la Russie, a déclaré Guerassimov
Et de souligner que la politique militaire russe avait un caractère défensif et que son pays ne pouvait utiliser des armes nucléaires qu'en réponse à l'utilisation d'armes nucléaires et d'autres armes de destruction massive contre lui ou ses alliés, ou en cas d'agression mettant en cause l'existence même de la Russie.
le chef d'état-major général russe a également assuré que la Russie reste attachée à la non-prolifération des armes nucléaires et des autres armes de destruction massive et qu'elle s'efforcera de créer un système de sécurité cohérent et pérenne.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj