AA/Karachi (Pakistan)/ Aamir Latif
Une autre série d’application de la peine capitale, avec sept exécutions, a été menée, mardi, au Pakistan, malgré des critiques internationales de plus en plus fermes.
Le nombre total de détenus exécutés depuis l’arrêt, par le gouvernement pakistanais, du moratoire sur la peine de mort est de dix-sept personnes.
Le Pakistan avait mis fin au moratoire après, le massacre le 16 décembre dernier par des Talibans de 140 personnes, pour la plupart des enfants et des adolescents, d'une école militaire de la ville de Peshawar.
Quatre des sept détenus exécutés mardi font partie du groupe armé extrémiste sunnite «Lashkar-e-Jhangvi», impliqué dans des massacres de chiites, minoritaires dans le pays.
Les quatre éléments de Lashkar-e-Jhangvi ont été exécutés dans des prisons situées dans les villes de Sukkur et Karachi, ont révélé les autorités.
Deux autres «terroristes», reconnus coupables d’un attentat-suicide contre l’ex-dirigeant militaire pakistanais, Général Pervez Musharraf, ont été mis à mort dans la prison de la ville de Faisalabad.
Un septième prisonnier a été pendu, à Rawalpindi, pour son implication dans une attaque, en 2002, contre le consulat des Etats-Unis à Karachi.
L’organisation internationale des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), a publié mardi, une déclaration appelant le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui s’entretiendra, mercredi, avec le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, à faire pression sur le Pakistan pour mettre fin aux exécutions.
« Un grave recul dans les droits de l’Homme est en cours au Pakistan depuis l’horrible attaque, le mois dernier, contre une école de Peshawar» a déclaré le vice-directeur de l’organisation, Phelim Kine.
«Le Secrétaire [d’Etat américain] Kerry devrait clairement déclarer aux dirigeants pakistanais que faire juger des civils par des tribunaux militaires et se laisser aller à une frénésie d’exécutions capitales est contraire au droit international» a plaidé Kine.
D’après des chiffres du gouvernement pakistanais, plus de 8000 détenus attendent leur exécution dans les prisons pakistanaises.
Le 24 décembre, le Premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, a annoncé une nouvelle politique de lutte contre le terrorisme, approuvée par le Parlement, qui permet de créer des tribunaux militaires spéciaux pour juger les insurgés Talibans.
Le moratoire sur la peine de mort a également été levé dans le pays et plusieurs chefs talibans, reconnus coupables d’attaques contre l’armée, ont été depuis pendus.
Le Pakistan avait imposé une interdiction de facto de la peine capitale suite à des pressions européennes.
Bien que la peine capitale n’ait pas été officiellement abolie dans le pays, aucune exécution n’avait eu lieu depuis 2008, conformément à une condition émise par l’Union Européenne pour autoriser le commerce avec le Pakistan.