Ekip
03 Mars 2022•Mise à jour: 03 Mars 2022
AA/KAMPALA
Les enfants abandonnés, victimes de violence, qui ont perdu leurs parents mènent un combat pour leur vie.
En Ouganda, des centaines d'enfants toxicomanes luttent pour survivre dans les rues.
Ssembatya Fred, 31 ans, faisait partie d’eux dans son enfance.
Il s’occupe actuellement de ces enfants des rues.
Ssembatya Fred, ancien toxicomane.
Quand j’avais 10 ans, ma mère est tombée malade. Elle m’a envoyé au côté de mon père. Quand je suis allé chez lui, j'ai commencé à être victime de violences.
Il me battait à chaque fois que je commettais une erreur ou sans raison valable. Alors, à mes 10 ans, je me suis enfui parce qu’il me maltraitait, il me clouait.
C’est pour ça que j’ai un trou au pied. La principale raison qui m'a poussé à fuir de chez moi était la peur. J’ai donc quitté la maison et je suis arrivé au bidonville de Kisenyi.
En ce moment, j’ai un travail. Cela fait 10 ans que j’ai arrêté la drogue. Avant, j’utilisais une drogue nommée Mafuta. Quand je la prenais, je planais complétement. Je ne pensais à rien et je n’étais plus inquiet. Je ne ressentais plus la faim et la souffrance. Je n’étais plus dans mon état normal. Je sentais que je planais.
Mwanye Emmanuel, toxicomane
Je ne prends pas souvent cette drogue qui est une sorte de pétrole. Seulement pour m’aider à m’endormir la nuit. Parce qu’on n’a rien pour se couvrir la nuit. Nous dormons à découvert dans la rue. Alors pour mieux dormir et ne pas ressentir le vent, on veut prendre du Mafuta. Je ne mange pas tous les jours. Je peux me nourrir uniquement le mercredi et le jeudi.
Je ne consomme ni d’alcool, ni cigarettes, ni autre chose. A présent, je ne prends aucune sorte de drogues. Ma vie à changer. Tous les enfants méritent une seconde chance. Ce que les enfants vivent n’est pas juste. J’ai vécu la même chose et j’ai énormément souffert. I
Ils meurent très jeunes. Je ne veux pas voir ça. Ils ont le droit de vivre comme les autres enfants. Parce qu’ils ne sont que des enfants. Ce n’est pas leur faute s’ils vivent dans la rue. Mon plus grand rêve est de voir tous les enfants des rues avoir un endroit où dormir, une maison et de ne plus être victime de violences.