Mohammed Hamood Ali Alragawi
27 Avril 2022•Mise à jour: 27 Avril 2022
AA / Istanbul
Un tribunal du Myanmar a condamné, ce mercredi, la dirigeante du pays évincée par un coup d'État militaire, Aung San Suu Kyi, à cinq ans de prison, après l'avoir "écrouée pour des affaires de corruption".
Une source bien informée, qui a requis l’anonymat, a déclaré que le procès s'était déroulé à huis clos et que le juge de la capitale, Naypyidaw, avait rendu sa décision quelques instants après la tenue de l’audience, rapporte la chaîne américaine CNN.
Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, a été chassée du pouvoir à la suite d’un coup d'État militaire, qui avait eu lieu au début de l’année 2021, fait face à une série d’au moins 18 chefs d'accusation, dont les peines totales cumulées atteignent près de 190 ans de réclusion, si elle est reconnue coupable.
Selon le journal gouvernemental The Global New Light of Myanmar, la commission anti-corruption a déclaré que Suu Kyi, 76 ans, "a illégalement accepté la somme de 600 000 dollars et 11,4 kilogrammes d'or de Phyo Min Thein, l'ancien Premier ministre de la région de Yangon".
La commission a accusé Suu Kyi d'abus de pouvoir en louant la superficie de 1,86 acres de terrain et de bâtiments dans la ville de Bahan, dans le district de Yangon, afin d’en faire le siège de la Fondation Daw Khin Kyi, dont elle assurait la présidence.
La chancelière birmane a nié les accusations à son encontre, alors que la communauté internationale a, pour sa part, qualifié les procès de "ridicules", et a exigé la libération immédiate de la dirigeante, selon la chaîne CNN.
Les accusations ont été portées contre la chancelière du pays en vertu de l'article 55 de la loi anti-corruption, qui prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison pour les personnes reconnues coupables de corruption.
Le 24 mai 2021, Aung San Suu Kyi a comparu en personne devant le tribunal, pour la première fois, depuis son arrestation à la suite d'un coup d'État mené par la junte militaire au début du mois de février 2021.
Suu Kyi fait l’objet d'autres accusations, dont notamment celles de violation des lois d'importation et d'exportation du pays, de non-respect de la loi nationale sur la gestion des catastrophes, de détournement de fonds et de violation de la loi sur les secrets officiels datant de l'époque coloniale.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.