Mort de Quentin Deranque : Maud Bregeon appelle LFI à prendre ses distances avec Raphaël Arnault
– La porte-parole du gouvernement demande l’exclusion “au moins temporaire” du député du Vaucluse du groupe insoumis, après l’interpellation de l’un de ses assistants dans l’enquête sur la mort du militant nationaliste à Lyon
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a exhorté mercredi La France insoumise (LFI) à suspendre “au moins temporairement” le député du Vaucluse Raphaël Arnault de son groupe à l’Assemblée nationale, dans le contexte de l’enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon.
Maud Bregeon a estimé sur le média français franceinfo que LFI faisait face à “un grand moment de clarification” et devait “faire le ménage dans ses rangs”. Elle a appelé la présidente du groupe insoumis, Mathilde Panot, à “exclure Raphaël Arnault de son groupe, du moins à l’exclure temporairement, pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence”.
Raphaël Arnault est cofondateur et ancien porte-parole de la Jeune Garde, un mouvement antifasciste actuellement visé par une procédure de dissolution. Dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque, neuf personnes ont été interpellées, dont l’un des assistants parlementaires du député, Jacques-Elie Favrot.
Mardi soir, sur le réseau social américain X, Raphaël Arnault a indiqué que ce collaborateur “a cessé toutes ses activités parlementaires” et qu’il avait engagé “les procédures pour mettre fin à son contrat” dès lundi.
La veille, Maud Bregeon avait déjà évoqué la “responsabilité morale” de LFI dans un “climat de violence” du débat public.
Elle a également affirmé que certains responsables insoumis “contreviennent en tout état de cause aux valeurs de la République quand ils font ce type de choix et qu’ils portent ce type de discours”.
Plusieurs responsables politiques ont réagi à l’affaire. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a accusé Jean-Luc Mélenchon d’avoir “ouvert les portes de l’Assemblée nationale à des meurtriers présumés”.
Le chef des députés Les Républicains, Laurent Wauquiez, a estimé sur BFM que LFI “a fait le choix de la violence”.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des déclarations excessives du Premier ministre, tout en jugeant que les auteurs des violences se sont “déshonorés”, rappelant que “dans la violence, qu’elle soit défensive ou offensive (…), tous les coups ne sont pas permis”.
La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a pour sa part dénoncé une “instrumentalisation” de la mort de Quentin Deranque pour “salir” son mouvement, affirmant qu’il n’existe “aucun lien” entre LFI et ce décès.
