Ümit Dönmez
20 Juin 2023•Mise à jour: 20 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La présidente du groupe La France Insoumise (LFI) à l'Assemblée nationale a dénoncé le placement en garde à vue, ce mardi, de 14 militants écologistes.
Par voie d'une publication sur les réseaux sociaux, Mathilde Panot a dénoncé une "vague d’interpellations de militants écologistes par la sous-direction antiterroriste".
"En Macronie aujourd'hui, le terrorisme, ce n'est pas Lafarge qui a plaidé coupable pour avoir aidé Daech en 2013, ni la destruction du seul écosystème compatible avec la vie humaine, ou des milliards d’êtres vivants exposés à des pollutions mortifères et au chaos climatique", a déploré Mathilde Panot, ajoutant que "le terrorisme en Macronie, ce sont les lanceurs d'alerte !", la présidente du groupe LFI estimant que "ce pouvoir est un danger pour la démocratie".
Peu de temps après que le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a annoncé la dissolution prochaine du groupement écologiste « Soulèvements de la Terre », ce mardi, quatorze personnes proches du groupement d'associations écologistes, ont été placées en garde à vue dans le cadre d'une enquête concernant une action menée, en décembre 2022, contre la cimenterie Lafarge de Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône) par des militants écologistes, selon le parquet d'Aix-en-Provence, précisant que ces interpellations ont eu lieu en Loire-Atlantique, notamment à Notre-Dame-des-Landes.
Les militants interpellés sont soupçonnés de "dégradation en bande organisée par moyen dangereux", "dégradation en réunion" et "association de malfaiteurs", selon une information du quotidien « Le Monde ».
Pour rappel, une quinzaine de militants avaient déjà été interpellés par la police antiterroriste pour des motifs similaires, début juin. Plusieurs militants écologistes avaient saccagé, le 10 décembre 2022, une partie d'une usine qui brûle des centaines de milliers de pneumatiques pour fabriquer le ciment.
Ces dernières gardes à vue interviennent alors que le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé que la dissolution du groupement d'associations écologistes « Soulèvements de la Terre » aurait lieu ce mercredi, en conseil des ministres.
Le ministre avait engagé la procédure de dissolution du groupement d'associations écologistes le 28 mars dernier, quelques jours après les affrontements avec les forces de l'ordre à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) au cours d'une manifestation contre de géants réservoirs d'eau destinés à l'irrigation agricole à des fins d'exportation.
Pour rappel, la France a récemment été épinglée par des experts de l’ONU pour son "usage excessif de la force lors des récentes manifestations contre la réforme des retraites et les projets de méga-bassines en France", selon un communiqué du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme de l’organisation, publié jeudi dernier.
Les experts appellent "la France à respecter ses obligations internationales afin de faciliter et protéger les manifestations pacifiques, ainsi qu’à promouvoir la liberté d’association, notamment en prenant les mesures nécessaires pour enquêter sur les violences commises au cours de ces manifestations et traduire leurs auteurs en justice".
"La répression des forces de l’ordre aurait fait des dizaines de blessés, dont des manifestants, des journalistes, des élus et des passants. À différentes occasions, dans la capitale, la brigade motorisée Brav-M aurait menacé et frappé des manifestants. À Sainte-Soline, la police aurait tiré au LBD (lanceur de balles de défense) 40 depuis des quads en mouvement et les secours auraient reçu l’interdiction d’intervenir pour secourir un blessé grave", lit-on dans le communiqué de l'ONU.