Nadia Chahed
27 Août 2020•Mise à jour: 28 Août 2020
AA/Tunis
L’Union européenne (UE) a annoncé la suspension temporaire de ses missions de formation au Mali, ont rapporté jeudi des médias africains et européens citant des sources officielles.
La décision a été motivée par le coup d’Etat militaire qui a abouti il y a quelques jours à la démission du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, précise l’agence d'information Ecofin.
Ce coup de force, résultat d’une longue crise sociale et politique marquée par des contestations populaires, a été condamné par l’institution à l’instar de l’Union africaine, de la CEDEAO et des Etats-Unis qui ont tous appelé à une restauration de l’ordre constitutionnel, précise le même média.
La chaîne d'information Africanews (filiale d'Euronews) rapporte pour sa part que la situation au Mali était au cœur de la réunion des 27 ministres de la Défense européens réunis à Berlin mercredi.
Lors d’un point de presse avec la ministre allemande Annegret Kramp-Karrenbauer, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a expliqué la décision de l'Union de suspendre temporairement ses missions civiles et militaires au Mali, après le coup d'État militaire qui a évincé le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK), précise Africanews.
"Nous n'entraînons pas les armées à être des putschistes. Aucun des quatre plus importants leaders de ce mouvement militaire contre le président Ibrahim Boubacar Keita n'a été formé par notre mission. Ils se sont entraînés en Russie et aux États-Unis.", a-t-l indiqué selon le même média.
L'UE a deux missions de formation au Mali, l'une pour entraîner l'armée et l'autre pour former les forces de sécurités civiles afin d'aider les autorités maliennes à retrouver le contrôle de leur territoire en proie à l'instabilité, précise encore Africanews soulignant que la Mission européenne de formation l'armée malienne (EUTM Mali) a entraîné environ 18.000 soldats au Mali depuis son lancement en février 2013.
Le coup d’Etat militaire qui a abouti il y a quelques jours à la démission du président IBK, a été condamné par l’Union africaine, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) qui avait suspendu, mardi, le Mali de ses instances.
L'OIF a toutefois décidé "le maintien de ses actions de coopération bénéficiant directement aux populations civiles, ainsi que celles concourant au rétablissement de la démocratie".