Nadia Chahed
27 Octobre 2017•Mise à jour: 27 Octobre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’Union européenne (UE) a déclaré vendredi que le retrait du Burundi de la Cour Pébale Internationale (CPI) risquait de "l’isoler davantage".
Cette déclaration a été faite dans un communiqué publié sur le site de l'UE, vendredi 27 octobre, date marquant le retrait effectif du Burundi de la CPI.
«Ceci marque un recul important qui risque d'isoler davantage le pays au sein de la Communauté internationale», a estimé Catherine Ray, porte-parole de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, dans le communiqué.
«Cette décision prive les victimes de crimes et de violations des droits de l'Homme de la possibilité d'obtenir réparation et affaiblit la Société civile», a souligné la responsable européenne.
Rappelant que le Burundi est aujourd'hui le seul Etat à se retirer du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), l’UE a estimé que ce retrait «ne favorise pas le règlement pacifique de la crise et nuit à la lutte contre l'impunité».
Un récent rapport de la Commission d'enquête indépendante des Nations Unies sur le Burundi a fait état de graves violations présumées des droits de l'Homme commises dans le contexte de la crise actuelle.
Contacté par Anadolu, Willy Nyamitwe, conseiller principal du président burundais Pierre Nkurunziza a déclaré que «ce 27 octobre est un jour spécial pour le Burundi».
«C’est pour nous un moment de joie, le Burundi vient de montrer au monde qu’il tient à sa souveraineté, nous sommes le premier pays au monde qui ose quitter la CPI», a-t-il déclaré.
Il y a une année jour pour jour, le Burundi signifiait à l’ONU son retrait de la CPI. Bujumbura a pris cette décision quelques jours après le vote, par le
Conseil des droits de l’Homme de l'ONU, d’une résolution qui prévoit l’envoi, à Bujumbura, d’une commission internationale d’enquête sur les cas de violation des droits de l’Homme.
Cette résolution était elle-même consécutive à la publication par des experts indépendants des Nations Unies d'un rapport accablant pour Bujumbura.
Du coup, Bujumbura a déclaré "persona non grata" les trois experts indépendants qui avaient rédigé ce rapport et suspendu sa coopération avec l’Office du Haut commissariat des droits de l’Homme a Bujumbura, l’accusant de complicité dans l'élaboration du rapport d’enquête controversé.
En septembre dernier, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a prolongé pour un an le mandat de cette commission d'enquête indépendante sur le Burundi.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt, en avril 2015, de la candidature du président Pierre Nkurunziza pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la Société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait depuis un an plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, octobre 2017).