Raşa Evrensel
20 Septembre 2022•Mise à jour: 21 Septembre 2022
AA / Genève
Les Nations Unies ont exprimé, mardi, leur inquiétude suite à la mort de la citoyenne iranienne Mahsa Amini, suite à son arrestation par la police, et à la réaction de Téhéran face aux manifestations qui en ont suivi.
Lors d'une conférence de presse, la porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, Ravina Shamdasani, a rapporté le commentaire de la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme par intérim, Nada Al-Nashif, sur la mort d'Amini et la réponse violente des forces de sécurité aux manifestations qui en ont suivi.
Shamdasani a ajouté que "Mahsa Amini est tombée dans le coma peu de temps après s'être effondrée au centre de détention de Vozara, puis décédée trois jours après son arrestation".
Amini, 22 ans, issue de la minorité kurde, se trouvait avec son frère dans la capitale, Téhéran, lorsqu'elle a été arrêtée le 13 septembre, en raison de son port "inapproprié" du hijab, selon la même source.
Le responsable de l'ONU a souligné que "des rapports indiquent qu'Amini a essuyé des coups au niveau de la tête avec une matraque alors qu'elle était détenue dans la voiture de "la police des mœurs". Selon les autorités iraniennes, la jeune femme est morte de causes naturelles.
Al-Nashif a appelé à "l'ouverture d'une enquête immédiate, impartiale et efficace par une autorité indépendante compétente sur la mort d'Amini et les allégations de torture et de mauvais traitements".
La responsable onusienne a également exhorté les autorités iraniennes à soutenir la famille Amini afin qu'elle puisse accéder à "la justice et à la vérité".
Elle a noté que "les lois obligatoires sur le hijab restent une source de préoccupation en Iran, où apparaître en public sans hijab est passible d'emprisonnement".
Les autorités iraniennes n'ont pas publié de commentaire immédiat, ni au sujet des propos de la responsable de l'ONU sur l'incident, ni sur l'enquête à ce sujet.
Amini est décédée vendredi dernier, après avoir été arrêtée mardi par la "police des mœurs", qui surveille le code vestimentaire des femmes dans le pays.
L'incident a déclenché une colère populaire généralisée dans les cercles politiques et médiatiques en Iran, au milieu de versions contradictoires sur les causes de la mort.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi