Tarek Fathi Mohamed
12 Novembre 2021•Mise à jour: 12 Novembre 2021
AA/New York
Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, Volker Peretz a appelé vendredi les forces sécuritaires soudanaises à faire preuve de la plus grande retenue et à respecter le droit de manifestation pacifique et la liberté d'expression.
"À la lumière des manifestations de demain (samedi) au Soudan, j'appelle à nouveau les forces de sécurité à faire preuve de la plus grande retenue et à respecter le droit de réunion pacifique et la liberté d'expression", a déclaré Peretz dans un tweet.
Il a ajouté que les manifestants doivent également se conformer au principe de protestation pacifique.
Le commandant de l'armée soudanaise, Abdel Fattah Al-Burhan, a promulgué, jeudi, un décret constitutionnel pour former le nouveau Conseil souverain de transition qu'il dirige et nommer Mohamed Hamdan Dagolo « Hemedti » comme son adjoint.
L'Association des professionnels soudanais (leader des protestations) a rejeté le nouveau Conseil de souveraineté annoncé par Al-Burhan, et a appelé jeudi dans un communiqué à manifester massivement pour le retour du gouvernement civil.
Des manifestations nocturnes ont eu lieu dans la capitale, Khartoum, jeudi soir, en première réaction à l'annonce d'une nouvelle formation du Conseil souverain de transition dans le pays.
Des témoins oculaires ont déclaré à l'Agence Anadolu que des dizaines de protestataires ont manifesté dans les rues de "Kafuri", "Kober", "Jabra" et "Al-Kalakla" à Khartoum, et "Wad al-Bakhit" dans la ville d'Omdurman, à l'ouest de la capitale.
Depuis le 25 octobre dernier, le Soudan connaît une grave crise politique, le chef de l'armée Abdel Fattah al-Burhan avait déclaré l'état d'urgence dans le pays, dissous les Conseils de souveraineté et des ministres (autorités de transition), limogé les gouverneurs et arrêté des chefs de parti, des ministres et des responsables. En revanche, des protestations ont éclaté rejetant ces mesures et les considérant comme un « coup d'État militaire».
En réponse à ceux qui l'accusent d'avoir mené un « coup d'État militaire », Al-Burhan affirme que l'armée s'est engagée à achever le processus de transition démocratique, et qu'elle a pris des mesures le 25 octobre pour protéger le pays d'un « danger réel », accusant des forces politiques d'« incitation au chaos ».
Avant les mesures du 25 octobre, le Soudan amorçait, depuis le 21 août 2019, une période de transition de 53 mois qui devait s'achever par la tenue d'élections début 2024. En attendant l’échéance électorale, le pouvoir était partagé entre l'armée, les forces civiles et les mouvements armés qui ont signé un accord de paix avec le gouvernement le 3 octobre dernier.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi