Hajer Cherni
02 Décembre 2020•Mise à jour: 03 Décembre 2020
AA / Bagdad
Le gouvernement irakien a annoncé, mercredi, la fermeture du dernier camp de déplacés dans le gouvernorat de Salah al-Din, dans le nord du pays, après leur retour chez eux.
La ministre irakienne de l'Immigration et des Déplacés Evan Jabro a déclaré dans un communiqué que, "le camp d'Al Karama à Tikrit (la capitale de Salah al-Din) a été fermé et 48 familles ont été renvoyées dans leurs zones d'origine, dans les villes de Baiji et Sharqat".
Elle a ajouté que le Ministère de l’Immigration aide au retour volontaire des personnes déplacées dans leurs régions, actuellement, stable.
"La province de Salah al-Din n'abrite plus de camps de déplacés", a-t-elle dit.
Les autorités ont fermé, au cours des deux derniers mois, 17 camps de déplacés, dont 8 à Salah al-Din, tandis que les autres ont été répartis dans les provinces de Bagdad, Kirkouk et Karbala.
De nombreuses personnes déplacées ne peuvent toujours pas retourner chez eux en raison de la destruction de leurs maisons pendant la guerre. Outre, le manque d'infrastructures de base et l'instabilité sécuritaire.
Réparties dans les provinces de Ninive, Diyala, Anbar et la région du Kurdistan, le nombre exact des personnes déplacées dans ces camps, demeure inconnu.
Cependant, selon les dernières données du ministère de l’Immigration, 59 000 personnes déplacées y vivaient, avant l'application du plan de fermeture de tous les camps de déplacés à travers le pays.
Plus tôt mercredi, l'organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch a mis en garde contre le projet des autorités irakiennes de fermer tous les camps de déplacés dans le pays.
"Les déplacés irakiens les plus démunis sont menacés d'extrême pauvreté", indique le rapport.
Human Rights Watch a appelé les autorités irakiennes à adopter un nouveau plan susceptible d'accueillir les déplacés après la fermeture des camps.
Des millions d'Irakiens ont fui les provinces de Ninive, Kirkouk, Salah al-Din (nord), Anbar (ouest), Diyala (est) et Babylone (sud), à la suite de l'invasion de Daech en 2014.
D'après les Nations unies, au moins 5,5 millions d'Irakiens ont été contraints d'abandonner leur foyer et de se réfugier dans des pays voisins comme la Turquie ou l'Union européenne.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni