Lassaad Ben Ahmed
24 Août 2021•Mise à jour: 25 Août 2021
AA / Montréal / Hatem Kattou
« Les Taliban sont parlables », c’est en ces termes que David Payne, ancien directeur des Programmes parlementaires en Afghanistan, s’est exprimé au sujet du Mouvement qui contrôle depuis plus d’une semaine la quasi-totalité du territoire du pays, en proie à des conflits mondiaux, régionaux et à des guerres intestines depuis plus de quatre décennies.
C’est ce qui ressort d’une interview livrée par David Payne à « Radio Canada » (public) et qui a été publiée, lundi.
« Je peux vous dire que les Taliban sont parlables, et on peut sortir du monde », a lancé Payen qui a assuré avoir « réussi, la semaine passée, à évacuer une centaine de députés du Parlement afghan jusqu’au Pakistan » voisin.
Il a tenu à préciser que l’évacuation des parlementaires a été coordonnée « avec la collaboration des Taliban ».
Il a, dans ce cadre, déclaré que : « Si moi j’ai réussi à sortir une centaine de députés au Pakistan dans les premières 48 heures, comment se fait-il que le Canada ne puisse pas improviser d’une manière ou d’une autre pour faire en sorte que les gens sortent plus vite ».
Les autorités canadiennes avaient annoncé, avant même l’entrée des Taliban à Kaboul, qu’elles envisagent d’accueillir quelque 20 mille réfugiés afghans, en particulier, les personnes ayant collaboré avec la représentation diplomatique du pays et l’armée canadienne sur place.
Tout en mettant en avant « l’improvisation » qui caractérise l’évacuation depuis Kaboul par Ottawa de ses collaborateurs – évacuation inévitable, selon lui en les circonstances actuelles, Payne appelle, toutefois, à « ne pas trop dramatiser la situation », même si le contexte est « difficile et pénible ».
Payne a proposé, également, que le « Canada ouvre un bureau d’urgence à Ankara », qui compte, selon lui, 35 mille personnes (réfugiés turcs) « qui circulent dans les rues » de la capitale turque.
L’ancien haut responsable canadien citait des données fournies, selon lui, par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) et la Turquie.
Il a, aussi, suggéré, pour faciliter le dépôt de candidatures pour l’obtention du statut de réfugiés au Canada, de procéder à des mesures similaires à Islamabad au Pakistan.
« Dans les situations d’urgence, il y a des dispositions particulières pour les réfugiés à la fois au pays, mais surtout dans un troisième pays », a-t-il lancé à ce propos.
Payne n’a pas manqué de déplorer un déficit de communication de la part des autorités canadiennes, estimant que « le programme sur le terrain n’est pas connu ».
Ottawa « devrait utiliser les moyens de communication traditionnels, le bouche-à-oreille pour joindre les gens, car, selon lui, bien du monde a perdu son téléphone cellulaire ».