AA / Hébron (Cisjordanie occupée) / Qays Abu Samra
Attaché à sa terre et en signe de défi aux tentatives israéliennes visant à l’expulser de son village natal, le Palestinien Mohamed Hassan (50 ans), est retourné vivre avec sa famille dans une caverne héritée de son père après que les forces d’occupation aient détruit sa maison l’année écoulée.
Hassan a indiqué que les autorités israéliennes d’occupation continuent à serrer l’étau autour des habitants palestiniens, dans le but de les expulser de leurs habitations et de prendre le contrôle des terrains qu’elles céderont au profit des colons.
A côté de la famille de Hassan, composée de 7 personnes, quelque 19 familles palestiniennes (100 personnes) habitent à l’intérieur du village d’al-Mfaqqara située sur une colline comprenant des cavernes, dans le sud de la ville d’Hébron (al-Khalil) à l’extrême sud de la Cisjordanie occupée.
Le groupement d’habitation est dépourvu des plus rudimentaires attributs de la vie (électricité, écoles, routes, eau potable).
Les habitants, qui obtiennent l’eau à partir de « puits de collecte » des eaux pluviales, comptent dans leur subsistance sur l’élevage ovin et bovin ainsi que des chameaux.
Lors des années passées, les habitants ont obtenu d’un appui de l’Union européenne consistant en des maisons préfabriquées et des panneaux solaires pour produire l’électricité.
Israël a détruit plus d’une fous des logements palestiniens à al-Mfaqqara construites à la faveur d’aides européennes, détruit une mosquée et confisqué un générateur électrique.
Israël envisage d’interdire le financement européen destiné aux Palestiniens dans les zones C de la Cisjordanie, selon ce qu’a révélé un journal local, le 20 décembre dernier.
Le journal en question a rapporté que le ministre israélien de la Défense Naftali Bennett a élaboré un plan de prise de contrôle israélien total des zones C ainsi que d’arrêt des opérations de construction financées par l’Union européenne.
Bennett aurait souligné, selon le média israélien, que « cette question est finie. Ni l’UE ni aucune autre partie ne seront autorisés de financer toute construction illégale. C’est notre position ».
Le ministre a transmis un message similaire aux ambassadeurs des pays de l’UE accrédités en Israël, avec qui il s’était entretenu, il y a de cela plus de deux semaines.
Hassan possède le terrain sur lequel il habite. « Cette terre est héritée de génération en génération et ma famille est propriétaire avant même l’occupation israélienne », a-t-il dit.
Les habitants d’al-Mfaqqara habitent dans des maisons en acier tandis que les cavernes sont leur refuge à chaque fois que les forces israéliennes détruisent leurs maisons.
Les cavernes représentent un élément de force des habitants où ils logent pour se maintenir sur leurs terres et faire face aux plans et stratagèmes israéliens.
Actuellement, dix-neuf familles habitent à al-Mfaqqara, dont chacune possède une caverne utilisée comme chambre d’accueil des hôtes, entrepôt, voire une comme cuisine. Cependant, cette caverne devient à la fois, l’habitation, l’entrepôt, la chambre d’hôtes au cas où leurs maisons sont victimes de destructions.
Les habitants soulignent que les autorités israéliennes peuvent détruire tout ce qui est sur terre mais ne peuvent pas détruire ou anéantir ces cavernes.
Noaman Hamemda (53 ans) habite avec sa famille composée de 15 personnes dans une caverne d’une superficie de 150 mètres carrés.
« La caverne est notre refuge des opérations israéliennes de destruction », a dit Hamemda à Anadolu.
Les opérations de destruction peuvent survenir à tout moment, a-t-il encore ajouté.
Hamemda dispose de documents officiels qui prouvent sa possession du terrain sur lequel il habite avant l’occupation israélienne de la Cisjordanie en 1967.
A proximité de la caverne, Hamemda a édifié une maison, il y a de cela plusieurs années, avec l’appui de l’UE.
A ce sujet, Hamemda a salué l’action de l’UE qui a aidé les habitants en leur procurant des maisons en préfabriqué, mais l’occupation israélienne a l’intention de détruire tous les équipements sous prétexte de construction illégale ».
Hamemda a formulé l’espoir de voir une « intervention internationale pour stopper la politique israélienne de destruction », s’interrogeant « Comment cela se fait-il qu’une famille composée de 15 personnes habite une caverne ? ».
Et Hamemda de poursuivre : « Les habitants vivent dans des conditions difficiles pressés par les harcèlements israéliens en continu consistant en l’interdiction d’accès des produits et outils de construction, les opérations de destruction, l’interdiction faite aux habitants d’obtenir eau et électricité ».
« Al-Mfaqqara est un exemple de ce que souffrent les habitants de dix-sept petits villages dans le sud d'Hébron", a-t-il martelé.
Israël interdit les Palestiniens de construire dans les zones C soumises à sa domination.
Selon les Accords d’Oslo II conclus entre Israël et l’Autorité palestinienne en 1995, la Cisjordanie occupée a été répartie en trois zones. La zone A est soumise au contrôle palestinien intégral tandis que la zone B est soumise au contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien et la zone C (61% de la superficie totale de la Cisjordanie) est placée sous le contrôle israélien exclusif.
Le nombre de colonisations israéliennes en Cisjordanie palestinienne a atteint, à la fin de l’année 201, près de 150 colonies, 128 foyers de colonisation ‘sans autorisation israélienne) ainsi que 15 colonies dans la ville occupée de Jérusalem.
Il ressort des données de l’Institut palestinien de la Statistique, que l’année 2018 a été marquée par une recrudescence du rythme de la construction et de l’extension des colonies en Cisjordanie. Le gouvernement israélien a approuvé durant cette année la construction de plus de 9300 nouvelles unités de construction, à côté de 9 autres foyers de colonisation.
Jusqu’au début de l’année 2019, le nombre des colons de la Cisjordanie, y compris la ville de Jérusalem, a atteint les 670 mille personnes, dont 228 mille dans la ville sainte.