Mona Saanouni
25 Février 2020•Mise à jour: 25 Février 2020
AA/ Idleb / Achraf Moussa, Buraq Kara Jahoglu
D'importantes vagues de déplacements générées par les raids menés par le Régime de Damas à Idleb et dans ses environs dans le nord de la Syrie ont provoqué le déplacement d'un grand nombre de populations civiles, qui n'ont pas réussi à avoir un refuge où s’abriter.
Les familles déplacées ont été contraintes à prendre des grottes et des cavernes comme refuge comme cela fût le cas durant l’âge de pierre.
Et comme les zones où sont situées les cavernes ne sont pas sécurisées, il a fallu les garder de crainte qu’elles ne soient attaquées par les hyènes et les loups.
La famille Hammouda, composée de 20 personnes, s'est réfugiée dans une grotte située dans la région de Baricha, à proximité de la frontière syro-turque, après que les raids du régime ont détruit leur demeure.
Le chef de famille, Mahmoud Hammouda, a indiqué au correspondant de AA que la maison dans laquelle vivait sa famille dans le village de Ram Hamdan, située dans le Rif d’Idleb, a été détruite par les bombardements menés par le Régime syrien et qu'il n'était plus possible d'y résider.
Hammouda a souligné qu'il était venu avec sa famille et celle de son frère et de ses parents, après qu'ils n'aient pas pu acheter une tente pour les loger en raison de son prix onéreux, soit 200 mille livres syriennes, l’équivalent de soit 200 USD.
"La caverne était notre unique option, dès lors que nous avons réussi à rassembler les enfants en un seul endroit pour qu’ils puissent dormir », a-t-il encore dit.
Hammouda a souligné qu’en accédant à la caverne, ils ont trouvé un chien mort. Ils ont du le faire sortir et nettoyer l’endroit infecte avant de s’installer, a-t-il encore lancé.
Il a poursuivi: « Une nuit, nous avons vu une hyène devant la caverne. Les membres de la famille ont eu peur et cela a terrifié les enfants. Par conséquent, nous avons décidé, mon frère et moi, de monter la garde à tour de rôle ».
Hamouda a tenu à dire que leur vie est « devenue très difficile, du moment qu’ils doivent se rendre dans le village voisin pour subvenir à leurs besoins et prendre leur douche ».
Au mois de mai 2017, la Turquie, la Russie et l'Iran avaient annoncé qu'ils étaient parvenus à un accord en vue d’aménager une zone « de désescalade » à Idleb dans le cadre des réunions d'Astana consacrées à la crise syrienne.
En dépit d’accords conclus ultérieurement pour instaurer un cessez-le-feu à Idleb, dont le dernier était en date de janvier dernier, les forces du Régime et leurs soutiens continuent de mener des attaques dans la région.
Les raids ont fait plus de morts, tous des civils, et plus de 1 million et 790 000 personnes ont été déplacées vers des zones relativement sûres près de la frontière turque, depuis le mois de janvier 2019.