Hafawa Rebhi
29 Novembre 2017•Mise à jour: 30 Novembre 2017
AA / London / Ahmet Gurhan Kartal
Le compte Twitter officiel du président américain Donald Trump a retweeté mercredi une série de vidéos incendiaires antimusulmanes publiées à l'origine par la vice-présidente d'un groupe britannique d'extrême droite.
Les trois vidéos ont déjà été tweetées par Jayda Fransen, vice-présidente de Britain First, [La Grande-Bretagne d'abord, parti britannique d’extrême droite], qui a été condamnée par un tribunal du Royaume-Uni en novembre 2016 pour "harcèlement religieux aggravé".
Les vidéos ont été automatiquement tweetées et retweetées par au moins trois comptes associés au groupe.
Britain First est bien connu au Royaume-Uni pour ses emportements anti-islamiques, ses manifestations anti-mosquées et ses provocations dans la rue et en ligne.
Ce groupe extrémiste s’est fait connaitre notamment par le biais de ses «patrouilles chrétiennes» dans les villes anglaises et ses assauts contre les mosquées.
Un tweet sur le compte de Fransen a plus tard reconnu les retweets de Trump, en ajoutant: « Que Dieu vous bénisse Trump ! Que Dieu bénisse l’Amérique! ».
Le Conseil musulman de Grande-Bretagne (MCB) a réagi aux retweets, les qualifiant « d'approbation la plus claire qui soit du président américain de l'extrême droite et de leur vilaine propagande antimusulmane ».
«Nous espérons que notre Premier ministre et notre ministre de l'Intérieur éloigneront le Royaume-Uni de M. Trump et de ses commentaires, et réitéreront l’aversion du gouvernement pour toute forme d'extrémisme», a déclaré le MCB dans un communiqué.
Tell MAMA, un groupe qui enregistre et documente les crimes islamophobes au Royaume-Uni, a également réagi à l'action en ligne.
«Nous sommes absolument consternés que le président des États-Unis ait retweeté Jayda Fransen, la vice-présidente du groupe d'extrême-droite Britain First», a déclaré le groupe, tout en se désolant des proportions atteintes, aujourd’hui, par l’extrémisme.
Caroline Lucas, membre du parlement britannique, a accusé Trump de retweeter une «fasciste britannique condamnée» et a appelé le Premier ministre Theresa May à condamner ses postes.