Mourad Belhaj
16 Juin 2020•Mise à jour: 16 Juin 2020
AA / Ankara / Elena Teslova
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé, mardi, qu’Ankara, Moscou et Téhéran ont convenu de tenir une vidéoconférence consacrée au règlement de la question syrienne.
Les présidents des trois pays discuteront de la question syrienne lors d'une vidéoconférence, puis tiendront un sommet tripartite à Téhéran, a déclaré Lavrov lors d'une conférence de presse tenue au terme d'une réunion avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.
"Nous avons confirmé, aujourd'hui, l'accord des trois présidents des pays du processus d'Astana sur la tenue d’un sommet à Téhéran, selon des modalités qui seront déterminées en tenant compte des développements liés à la pandémie de Covid-19", a déclaré Lavrov.
Et de préciser : "Nous avons appuyé la proposition de tenir une vidéoconférence avant la réunion en face à face des trois dirigeants, et nous conviendrons assez rapidement sur les modalités de cette vidéoconférence, avant de les annoncer".
Selon Lavrov, la vidéoconférence pourrait avoir lieu avant la réunion du comité constitutionnel syrien.
Mohammad Javad Zarif a pour sa part déclaré qu'il espérait que la vidéoconférence se tiendrait en août.
La Syrie est en proie à une guerre civile depuis le début de 2011, lorsque le régime de Bachar al-Assad a réprimé, avec férocité, les manifestations appelant à l’instauration de la démocratie dans le pays.
- L'Iran soutient les efforts d’Ankara et Moscou en Libye
Interrogé sur le point de vue de l'Iran sur la situation en Libye, Mohammad Javad Zarif a déclaré que Téhéran soutient les efforts russes et turcs visant à mettre fin au conflit dans le pays.
"Nous soutenons les efforts de la Russie et de la Turquie visant à mettre fin au conflit en Libye, et nous espérons que le gouvernement légitime en Libye pourra ramener la sérénité au peuple libyen", a-t-il déclaré.
Lavrov a renchéri que l'approche de la Russie concernant le conflit syrien peut être appliquée en Libye, car sa principale caractéristique est d'inciter les parties au conflit à tenir des pourparlers et à assurer les conditions nécessaires afin qu'elles puissent trouver un terrain d'entente.
"Il ne reste plus qu'à convaincre les parties libyennes qu'elles devraient s'asseoir à la table et entamer des négociations. Nous y travaillons actuellement", a-t-il conclu.
La Libye est déchirée par la guerre civile depuis l'éviction de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011. Le nouveau gouvernement libyen a pris ses fonctions en 2015, en vertu d'un accord conclu sous les auspices de l'ONU, mais les efforts pour un règlement politique à long terme ont échoué en raison de l'offensive militaire du seigneur de guerre Khalifa Haftar.
Avec le soutien de pays arabes et européens, la milice de Haftar a mené, depuis le 4 avril 2019, une attaque qui a finalement échoué à s'emparer de Tripoli, siège du gouvernement internationalement reconnu. Au terme de cette agression un nombre considérable de morts et de blessés ont été recensés parmi la population civile de la capitale, ainsi que d'importants dégâts matériels.
Depuis le lancement de l'opération "Tempête de paix", le 25 mars, l'armée libyenne a pu libérer toutes les villes de la côte ouest, la base aérienne d'Al-Wattia et la ville stratégique de Tarhouna.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj